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LES 30 LIVRES INDISPENSABLES A LA JEUNESSE MARTINIQUAISE D'AUJOURD'HUI

LES 30 LIVRES INDISPENSABLES A LA JEUNESSE MARTINIQUAISE D'AUJOURD'HUI

   Parmi eux, aucun recueil de poèmes ni roman car confondre "livre" et "littérature" comme on le fait trop souvent est une grave erreur qui a pour effet de détourner beaucoup de gens de la lecture.

   C'est comme confondre "sport" et "football".

   Les livres de littérature (poésie, roman, nouvelle, théâtre etc.) ne sont qu'une fraction, somme toute modeste, de ce qui se publie. D'ailleurs, confondre "livre" et "littérature" offre un alibi commode aux fainéants qui, quand on leur demande pourquoi ils ne lisent jamais de livres, rétorquent imperturbablement "Je n'aime pas la littérature !".

   Ce à quoi il faut immédiatement rétorquer : "Mais la littérature, on s'en fout ! Ne fais pas comme si tu ignores qu'il existe des livres d'économie, d'histoire, de sociologie, d'anthropologie, de droit, de psychologie, de psychanalyse, de linguistique, de botanique, de paléontologie, de géologie, de biologie, d'astronomie, de théologie etc... !".

    Quels sont donc les 30 livres que notre jeunesse martiniquaise doit impérativement lire et qui peuvent utilement nourrir ses actions ? Qui permettront surtout à celle-ci de s'éloigner des âneries noiristes dont les abreuve un quarteron d'indépendantistes déçus qui ont troqué la lutte de libération nationale pour la lutte en faveur d'un fantomatique "monde noir", conduisant ainsi ladite jeunesse à une IMPASSE POLITIQUE. Car la vraie question, la seule question importante en Martinique est de trouver les voies et moyens de sortir de l'emprise française. Les pyramides d'Egypte, Haïlé SELASSIE ou Marcus GARVEY, tout à fait respectables et admirables qu'ils soient, ne nous offrent aucune SOLUTION CONCRETE. Juste des satisfactions d'ego ! Satisfactions éphémères d'ailleurs. Car enlever le pavillon 4-serpents sur une bouteille de vin est une victoire éphémère. Pourquoi ? Parce que ce vin continuera à être importé de France. Cela ne change strictement rien à notre dépendance économique.

    Au lieu donc d'embrigader notre jeunesse dans ce genre d'enfantillages, ces indépendantistes d'autrefois gagneraient à doter les "digital natives" c'est-à-dire cette jeunesse née à l'heure de l'Internet et qui ne lit guère de livres, d'un background idéologique et intellectuel plus solide, plus sérieux, au lieu de la pousser à se livrer à des actions symboliques et médiatiques qui ne sont que des feux de paille. Du vréyé-monté sans conséquence dans lequel "on encule les Békés", mais au sein duquel les mots d'ordre d'"INDEPENDANCE" ou de "SOUVERAINETE" sont totalement absents.

   Voici donc une sélection, forcément lacunaire, des 30 ouvrages (rangés par ordre chronologique mais pas tous) écrits principalement par des Martiniquais, mais aussi par d'autres Antillais, indispensables à notre jeunesse martiniquaise, livres, rappelons-le, donc aucun n'appartient à la littérature. Dans un prochain article nous listerons les livres indispensables écrits par des non-Antillais. Certains (es) diront que c'est beaucoup, sauf qu'avec le streaming, nos jeunes peuvent écouter 300 morceaux de musique sans que cela les fatigue. Donc 30 livres, ce n'est pas cela qui risque de les tuer.

    Et puis, pour les allergiques au papier, on peut trouver le PDF de ces livres sur le Net et les lire en ligne ou alors à l'aide d'une liseuse...

                                                                      

***

 

   1. "DE L'EGALITE DES RACES HUMANES" d'Anténor FIRMIN (Haïti, 1885:

 

        Magistrale réfutation de l'ouvrage De l'inégalités des races humaines du comte (français) GOBINEAU qui, à l'aide de méthodes pseudo-scientifiques, s'employa à hiérarchiser les "races", plaçant l'Homme blanc tout en haut et l'Homme noir tout en bas (et, entre les deux, les Juifs, les Arabes, les Asiatiques, les Indiens, les Amérindiens etc.). Avec une rigueur admirable et surtout érudition étonnante en matière d'anthropologie physique et culturelle, en paléontologie, en histoire et en sociologie, FIRMIN démonte pièce par pièce l'argumentation fallacieuse de GOBINEAU (dont HITLER, hélas, s'inspirera un demi-siècle plus tard).

 

   2. "AINSI PARLA L'ONCLE" de Jean-Price MARS (Haïti, 1928).

       ​

        Manifeste de la Négritude avant la lettre, l'auteur dénonce l'aliénation culturelle des élites haïtiennes encore tournées vers l'ancienne métropole françaises plus d'un siècle après l'indépendance du pays pourtant arrachée de haute lutte en 1804. L'auteur, qui fut médecin, ethnographe et diplomate, qualifie joliment ladite aliénation de "bovarysme culturel". Il célèbre l'héritage africain (vaudou, traditions etc.) et créole (contes, légendes etc.) d'Haïti injustement rejeté par lesdites élites. Cet ouvrage aura une grande influence sur Aimé CESAIRE et Léopold-Sédar SENGHOR.  

 

    3. "CAPITALISME ET ESCLAVAGE" d'Eric WILLIAMS (Trinidad-et-Tobago, 1944).

 

       Malgré l'accumulation des matériaux et des études sur la période précédant la révolution industrielle, l'on ne trouve nulle part présentés de manière concise le caractère mondial et interdépendant du commerce négrier des 17e et 18e siècles, ses effets directs sur le développement de la révolution industrielle et ses répercussions qui se font encore sentir à l'époque actuelle comme le triomphe (apparent) du système capitaliste. Le présent ouvrage constitue à la fois une analyse de l'histoire économique et une étude de la condition des Noirs aux Antilles.

 

    4. "DISCOURS SUR LE COLONIALISME" d'Aimé CESAIRE (Martinique, 1950:

 

        L'une des plus belles charges contre l'entreprise coloniale française et européenne. Fulgurance des images, extrême rigueur du raisonnement, implacabilité des admonestations tout en charriant espérance et confiance dans l'humaine Raison. Cet ouvrage provoqua, lors de sa parution, l'ire des milieux conservateurs français et l'indignation de leur alter ego antillais.

 

    5. "PEAU NOIRE, MASQUES BLANCS" de Frantz FANON (Martinique, 1952) :

 

       L'aliénation raciale des Antillais analysée pour la première fois au scalpel et dénoncée avec les outils de la psychologie, de la psychiatrie, de la sociologie et de l'histoire. L'aliénation linguistique et le rejet de la langue créole sont également passés au crible. Plus d'un demi-siècle après sa parution, les analyses puissantes développées dans ce livre demeurent toujours d'actualité;

 

     6. "COMMENT L'EUROPE SOUS-DEVELOPPA L'AFRIQUE : ANALYSE HISTORIQUE ET POLITIQUE DU SOUS-DEVELOPPEMENT" de Walter RODNEY (Guyana, 1972):

 

        Cet ouvrage démonte le mythe d'une Afrique totalement arriérée au moment où l'Europe entreprend de la coloniser et explique comment cette dernière s'est développée tout en sous-développant la première. Traite et esclavage des Noirs, commerce triangulaire, colonies de peuplements etc. vont, par le biais des Antilles et du continent américain notamment, servir de socle a capitalisme occidental qui, sans eux, n'aurait jamais pris autant d'ampleur à l'échelle du monde.

 

     7. "LE DISCOURS ANTILLAIS" d'Edouard GLISSANT (Martinique, 1981) :

 

          Naissance du concept d'Antillanité qui exprime le fait qu'au-delà des différences ethniques, linguistiques et religieuses, les différentes îles de l'archipel antillais possèdent un imaginaire et une culture populaire qui les rassemblent lesquelles sont issues de la société de Plantation au sein de laquelle l'esclave est loin d'être resté passif comme on le croit. Il s'est progressivement reconstruit et donc réhumanisé, mettant sur pied une culture mosaïque qui est comme la préfiguration de l'actuelle mondialisation.

 

     8. "THE PLEASURES OF EXILE" de George LAMMING (Barbade, 1960) :

 

         L'émigration des Antillais anglophones vers la métropole anglaise dans les années 50 et 60 eut un rôle formateur sur toute une génération d'écrivains, d'intellectuels et d'artistes au point que G. LAMMING écrira que c'est à Londres qu'il est devenu un Antillais. Ce livre raconte cette expérience dans un style à la fois poétique et poignant.

 

     9. "LES LIEUX DE LA MERE DANS LES SOCIETES AFRO-AMERICAINES : POUR UNE GENEALOGIE DU CONCEPT DE MATRIFOCALITE" de Fritz GRACCHUS (Guadeloupe, 1980) :

 

        L'auteur s'attache à montrer comment les sciences sociales, derrière leur neutralité affichée, sont étroitement liées à des stratégies politiques. Ainsi beaucoup de travaux sur la famille noire américaine a comme point de départ la délinquance. Pour explication : l'absence du père. Explication trop facile qu'il convient de questionner en y adjoignant, s'agissant des Antilles, la question du métissage et du préjugé de couleur.

 

     10. "TRACEES" de René MENIL (Martinique, 1981) : 

 

          Né à la Martinique en 1907, René Ménil est un des intellectuels qui, au contact des mouvements de décolonisation, et formés à l'émergence marxiste, entreprirent de sortir la pensée antillaise des abîmes de l'assimilation. Il participe, avec Étienne Léro, à l'aventure de Légitime défense, cette revue dont le numéro unique aura marqué, à Paris en 1932, un des repères de la prise de conscience. Il contribue de manière essentielle aux parutions de la revue Tropiques, dirigée par Aimé Césaire, à Fort-de-France, de 1941 à 1945. Il fut un des membres fondateurs du Parti communiste martiniquais, dont il aura formulé pendant longtemps les points de vue culturels. Homme de veille, Ménil reste le témoin discret et attentif, dont la finesse critique et l'acuité fulgurante des formulations relaient de manière efficace, quand même divergente, le lyrisme initiateur de Césaire et les analyses décisives de Fanon.

 

     11. "LA ISLA QUE SE REPITE" d'Antonio BENITEZ ROJO (Cuba, 1992) :

 

         Brillant essai de systématisation des dynamiques politiques, économiques, sociales et culturelles des différentes îles de la Caraïbe que séparent à la fois l'histoire, la langue, parfois la religion et surtout les structures économiques modernes. Intégrant, ce qui n'est pas courant, la Caraïbe continentale à son analyse, l'auteur cherche à définir d'abord les caractéristiques de la région (fragmentation culturelle et linguistique, isolement, complexité culturelle, relations avec l'ancienne métropole et avec le grand voisin américain etc.) avant de proposer une relecture de ces différentes problématiques hors des sentiers battus de l'anthropologie et de la sociologie occidentales.  

 

     12. "LE CREOLE, FORCE JUGULEE. ETUDE SOCIOLOGIQUE DES RAPPORTS DE FORCE ENTRE LE CREOLE ET LE FRANCAIS AUX ANTILLES" de Dany BEBEL-GISLER (Guadeloupe, 1975) :

 

           Quoiqu'ayant participé à la création de la langue créole, les Békés, l'ont très vite rejetée, y voyant une menace à l'ordre esclavagiste qui voulait qu'on sépare les esclaves africains qui parlaient la même langue afin qu'ils ne fomentent des révoltes. Le créole a permis de restaurer la communication entre les Nègres et leur a permis de mener des luttes contre l'ordre colonial tant esclavagiste que post-esclavagiste. Il a donc été férocement combattu par toutes les instances du pouvoir : école, administration, justice etc. Libérer le créole de ses entraves fait partie intégrante du combat mené par les Antillais pour accéder à leur pleine et entière souveraineté.     

 

      13. "COLONIAL SUBJECTS : PUERTO-RICANS IN A GLOBAL PERSPECTIVE" de Ramon GROSFOGUEL (Puerto-Rico, 2003) :

 

          Analyse comparative, dans une perspective postcoloniale, des émigrations portoricaine et caribéennes à la fois aux USA et en Europe. L'histoire de Puerto-Rico y est aussi revisitée à la lumière du phénomène de mondialisation sous l'égide du capitalisme et de la dévitalisation de l'île au profit du pays avec lequel il a des liens d'état associé. L'auteur compare également les migrants issus de colonies avec les migrants qui n'en sont pas issus, dessinant une hiérarchie à la fois subtile et implacable qui place systématiquement les premiers dans une situation de subalternes. 

 

      14. "CIVILISES ET ENERGUMENES" d'André LUCRECE (Martinique, 1981) :

 

         Analyse décapante du système scolaire mis en place aux Antilles françaises après l'abolition de l'esclavage en 1848, système qui, s'il a permis à beaucoup d'enfants des classes petites-bourgeoises d'accéder à l'éducation et aux diplômes permettant d'exercer des professions prestigieuses (médecin, pharmacien, architecte, avocat ou enseignant) a laissé en plan les rejetons des classes populaires (hormis de rares cas comme celui que Joseph ZOBEL expose dans La Rue Cases-Nègres). L'échec scolaire massif, selon l'expression consacrée, qui en découle provient, entre autres, du fait que l'enfant antillais va d'abord à l'école pour apprendre à maîtriser la langue française plutôt que pour apprendre les mathématiques, l'histoire, la géographie ou les sciences naturelles.

 

      15. "DIEUX EN EXIL" de Simone HENRY-VALMORE (Martinique, 1988):

 

           Comment une communauté émigrée, en l'occurrence antillaise, vit-elle, à Paris et ailleurs dans l'Hexagone, son rapport au sacré, au magique ? Les dieux du Nouveau Monde, ont-ils, écrit l'auteur, "renoncé à accompagné l'Africain lorsqu'il devient antillais et catholique à coups de sacrements martiaux et qu'il se met en route, trois siècles plus tard, pour l'Occident chrétien ?...Que sont-ils devenus ? Seraient-ils là, échappés du voyage, dissimulés dans le béton des HLM ? Errent-ils dans la jungle des villes ?". 

 

        16. "EL CAPITALISMO TARDIO EN LA REPUBLICA DOMINICANA" de Juan BOSCH (République Dominicaine, 1986) :

 

          Intellectuel de renom et auteur prolifique, président de la République Dominicaine, l'auteur analyse dans cet ouvrage les raisons pour lesquelles son pays, la République Dominicaine, ne connut qu'un "capitalisme tardif" alors même qu'il fut le premier pays des Amériques où fut construit une sucrerie (en 1515). Ce n'est que 360 ans plus tard qu'y apparut la première entreprise de type capitaliste, chose qui permet de comprendre l'évolution à la fois économique, politique et sociale de ce pays où fut créée également la toute première université du Nouveau Monde.

 

        17. "HISTOIRE DE LA MARTINIQUE" d'Armand NICOLAS (Martinique, 1986) :

 

        Quatre tomes qui des Arawaks au XXe siècle, passe en revue les principaux faits marquants de l'histoire tri-séculaire de la Martinique : l'extermination du peuple kalinago, l'esclavage des Noirs, le Code Noir, les révoltes des Nègres-marrons, l'Abolition de 1848, la Départementalisation de 1946 etc...

 

        18. "BASS CULTURE. WHEN REGGAE WAS KING" de Lloyd BRADLEY (Jamaïque, 2001).

 

        Description de étapes qu'a traversé la musique jamaïcaine avant d'arriver au reggae, mondialement célébré : du ska au rock-steady, du rock-steady au dub et enfin du dub au reggae. Des musiciens fondateurs tels Prince Buster, King Tubby et Bob Marley sont largement évoqués. Mais c'est aussi un livre d'histoire qui retrace l'évolution de la Jamaïque depuis l'état de colonie de l'Angleterre à celui de pays indépendant. 

   

         19. "ECRIRE EN PAYS DOMINE" de Patrick CHAMOISEAU (Martinique, 1997) :

 

       Écrire en pays dominé c'est l'histoire d'une vie, la trajectoire d'une conscience, l'intime saga d'une écriture qui doit trouver sa voix entre langues dominantes et langues dominées, entre les paysages soumis d'une terre natale et les horizons ouverts du monde, entre toutes les ombres et toutes les lumières. Écrivain, Marqueur de Paroles, et finalement Guerrier, Patrick Chamoiseau interroge les exigences contemporaines des littératures désormais confrontées aux nouvelles formes de domination et à la présence du Total-monde dans nos imaginaires.

 

         20 . "THE ANTILLES : FRAGMENTS OF EPIC MEMORY" de Derek WALCOTT (Sainte-Lucie, 1993) :

 

              En 1992, année du cinq-centième anniversaire de la découverte/conquête de l'Amérique, Sainte-Lucie obtient son deuxième prix Nobel, après celui obtenu par l'économiste Arthur LEWIS en 1979 : le poète Derek WALCOTT est couronné à Stockholm. Ce texte est celui qu'il a prononcé lors de la réception du prix et qui a été publié un an plus tard. Puissante réflexion sur la créolisation à partir d'une représentation de théâtre hindou dans une région de plantation de canne à sucre de Trinidad.

 

         21. "HISTOIRE GENERALE DE LA GUYANE FRANCAISE" de Serge MAM-LAM-FOUCK (Guyane, 2002) :

 

             La Guyane française, c'était " l'enfer vert ", la " terre du bagne ", aujourd'hui c'est " l'une des dernières réserves forestières du monde ", " la base spatiale de Kourou ". Des clichés identifiant rapidement ce pays dans le monde, mais disant mal ce qu'a été son histoire marquée par la permanence de la relation coloniale. Le travail de synthèse historique que donne ici l'auteur invite au dépassement de l'énoncé des faits pour en saisir, dans une longue durée coniale, les traits dominants qui donnent sens à l'histoire du pays, trop souvent présentée comme une suite d'événements chaotiques. L'attaque, puis la subjugation des sociétés amérindiennes, l'emprise des colons sur le territoire, sa mise en valeur et son peuplement qui jouent pleinement de la traite des noirs, de l'oppression esclavagiste et de la misère de l'immigration post-esclavagiste, ce temps de la violence et de l'exploitation coloniales est, au même titre que celle des autres états européens, l'œoeuvre de la France.

 

         22. "AIME CESAIRE UNE TRAVERSEE PARADOXALE DU SIECLE" de Raphaël CONFIANT (Martinique, 1993) :

 

             Premier et sans doute seul ouvrage à avoir questionné sans concession le difficile positionnement à la fois culturel et politique du père de la Négritude entre défense du "monde noir" et de l'Afrique d'un côté et de l'autre, refus de toute forme d'indépendance de la Martinique par rapport à sa métropole française.

 

         23.  "IDENTITE ANTILLAISE : CONTRIBUTION A LA CONNAISSANCE PSYCHOLOGIQUE DES MARTINIQUAIS ET DES GUADELOUPEENS" de Line LIRUS-GALAP (Martinique, 1979:   

   

           la psychologue martiniquaise Julie Lirus-Galap avait fait des questions du déracinement, de l'identité et de la quête culturelle chez les Antillo-Guyanais l'un des thèmes centraux de ses travaux d'universitaire et de ses combats militants. Ce livre interroge " l'Antillais lancé à la recherche de son indentité : image propre, image sociale, représentation de soi".

 

          24. "ELOGE DE LA CREOLITE" de Jean BERNABE, Patrick CHAMOISEAU et Raphaël CONFIANT (Martinique) :

 

      Après la Négritude (années 30-40 du XXe siècle), puis l'Antillanité (années 60-70 du même siècle), Jean BERNABE, fondateur des "Etudes Créoles" à l'Université des Antilles-Guyane, puis l'Université des Antilles, Patrick CHAMOISEAU et Raphaël CONFIANT lanceront le Mouvement de la Créolité dont ce texte est en quelque sorte le manifeste. La Créolité, forte des apports des mouvements intellectuels qui l'ont précédée, s'efforce de valoriser l'identité multiple, ce que les auteurs nomment "la diversalité", dans un monde en proie à une mondialisation apparemment irréversible.

 

          25. "ABOLITION DE L'ESCLAVAGE (1848-1852) d'Oruno LARA (Guadeloupe, 2016) :

       

           L’objectif de cet ouvrage est d’expliquer comment s’est déroulée cette période d’abolition ou d’émancipation générale dans les colonies françaises concernées entre 1848 et 1852. Chaque colonie – Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion – possède sa date particulière d’abolition, ses traditions, sa mémoire et ses personnages. La période de l’abolition de l’esclavage ne s’accompagne pas de la fin de la colonisation française !

           Les nègres esclaves qui sont libérés en 1848 ne sont pas libres de leurs mouvements, ce sont des hommes et des femmes encore détenus dans le système colonial. Des « colonisés » qui naissent, vivent et meurent dans une dépendance coloniale. Ce sont des hommes et des femmes surveillés par toute la machinerie coloniale mise au point par la France qui ne cesse, depuis les décrets du 27 avril 1848, de perfectionner et d’ajuster ce type de plus en plus sophistiqué de domination coloniale.

 

          26. "FONDAL-NATAL. GRAMMAIRE COMPAREE DES CREOLES GUADELOUPEEN ET MARTINIQUAIS" de Jean BERNABE (Martinique, 1983:

 

          Ouvrage monumental en 4 tomes et plus de 1.000 pages qui étudie les grammaires des créoles guadeloupéen et martiniquais en s'appuyant sur la linguistique chomskyenne alors que jusque-là, la plupart des créolistes avaient utilisé la linguistique fonctionnaliste telle que, par exemple, André MARTINET, l'a développée. Bien des formes inexpliquées se trouvent ainsi éclairées d'un jour nouveau d'autant que l'auteur n'hésite pas à faire appel, quand cela s'avère nécessaire à la sociolinguistique, à l'analyse littéraire, à l'anthropologie et à l'histoire.

 

        27. "LE PERE OBLITERE : CHRONIQUE ANTILLAISE D'UNE ILLUSION" de Livia LESEL (Martinique, 1996) :  

 

           Ouvrage qui tente d'appréhender, au-delà du discours, les modalités intra-psychiques de la mère antillaise. Le père - la figure de l'ombre - reste oblitéré par la toute-puissance de la Mère... En approchant au plus près la relation mère-fille, elle met en outre en évidence ce qui, de même, se répète à travers des générations de filles et de mères, ainsi que les modalités d'une transmission par la donation dans la lignée maternelle.   

 

        28. "DIX SEMAINES QUI EBRANLERENT LA MARTINIQUE" d'Edouard DELEPINE (Martinique, 1999:

 

         22 mai 1848 : Après deux mois d'agitation liée à l'annonce à la Martinique de la révolution de février 1848 à Paris, une révolte d'esclaves et d'hommes de couleur libres à Saint-Pierre amène le gouverneur de l'île à proclamer l'abolition immédiate de l'esclavage dans la colonie, le 23 mai. Près d'un mois après que le gouvernement provisoire de la République a pris cette décision à Paris le 27 avril 1848. Mais une quinzaine de jours avant que ce décret du 27 avril ne parvienne à la Martinique. Qui a aboli l'esclavage dans ce pays ? Dix semaines qui ébranlèrent la Martinique tente de répondre à cette question et de démystifier les circonstances de la fin du système esclavagiste à la Martinique et dans les trois autres vieilles colonies de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion.

 

        29. "VIEUX-PONT OU LES OUBLIES DE LA MANGROVE "de SERGE DOMI et William ROLLE (Martinique, 2005) :

 

           Vieux-Pont est un quartier insalubre de la Martinique qui défraya la chronique parce qu'il était, aussi, un des lieux du commerce de la drogue terrifiante qu'est le crack. Cet ouvrage sur Vieux-Pont est celui du constat qu'une époque est révolue. Les auteurs, utilisant divers champs de l'anthropologie et de la sociologie (l'espace - la famille - les modes de consommations - la religion - le travail) et divers outils (les récits de vie, le questionnaire informatisé, l'histoire, l'anthropologie visuelle) montrent qu'il faut abandonner certains poncifs pour comprendre la Martinique du XXIe siècle

 

         30. "TRADITION ORALE ET IMAGINAIRE CREOLE" de Raymond RELOUZAT (Martinique,    ) :

 

           Nous, créoles des Antilles et de la Guyane, et plus largement des Amériques, avons-nous une mythologie ? Et si c'est le cas, à partir de quoi et comment notre imaginaire, qui s'exprime alors plus volontiers en langue créole à travers nos contes, nos légendes et nos mythes, la construit-il ? Telle est la question qu'explore ici Raymond RELOUZAT, professeur agrégé de grammaire à l'Université Antilles-Guyane, en analysant un certain nombre d'exemples de notre production oralittéraire. De la Louisiane à la Guyane, en passant par Haïti, La Dominique, la Martinique, Sainte-Lucie, Marie-Galante, les Saintes, la Guadeloupe, Trinidad, etc. il interroge notre créativité, et interpelle nos héros et nos légendes.

 

***

 

     Aucun livre sérieux ne se lit en un seul jour, allez voir 30 ! C'est tout simplement que ces derniers devraient devenir les livres de chevet de notre jeunesse martiniquaise déboussolée par la faute du système néocolonial à bout de souffle qui sévit à la Martinique et qui empêche à cette dernière d'accéder à la souveraineté pleine et entière.

     Cela signifie-t-il pour autant que cette jeunesse doive se détourner totalement de préoccupations moins immédiates comme, pour ne prendre que ce seul exemple, le rétablissement de la vérité s'agissant de la construction des pyramides d'Egypte à savoir le fait que ce sont des Nègres qui les ont construites ? Aucunement ! Mais il faut qu'elle garde à l'esprit deux choses fondamentales :

 

     . l'Egyptologie est une science qui exige beaucoup de travail et surtout d'abnégation (apprendre l'écriture hiéroglyphique n'est pas rédi chez bò tab !). Elle est donc pratiquée par des savants et non par ces charlatans qui, sur le Net notamment, embrument l'esprit de notre jeunesse. Le Martinico-guadeloupéen Alain ANSELIN, récemment décédé, en fut un exemple admirable, si admirable que le grand CHEICK ANTA DIOP disait : "Je n'ai qu'un seul vrai successeur. Il se trouve aux Antilles et il est Mulâtre." A noter que la Revue d'Egyptologie Caribéenne dirigée par ANSELIN était publiée dans le cadre du GEREC (Groupe de Recherches et d'Etudes en Espace Créole) dirigé pendant plus de trois décennies par le professeur Jean BERNABE, l'un des plus éminents créolistes du XXe siècle.

 

       . Rétablir la vérité sur les constructeurs des pyramides ne nous est d'aucun secours dans notre combat, immédiat et concret, pour accéder à notre souveraineté nationale.

 

   Il faut donc apprendre à notre jeunesse à hiérarchiser ses priorités.

   Et notre priorité absolue c'est la souveraineté, pas TOUTANKHAMON ni Haïlé SELASSIE ni Marcus GARVEY... 

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