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LE TROU DANS LA COUCHE D'OZONE SE REFERME, ET PLUS VITE QUE PREVU

Jean-Paul Fritz http://tempsreel.nouvelobs.com/

L'interdiction des aérosols nocifs aurait porté ses fruits, et le trou au-dessus de l'Antarctique pourrait se refermer totalement à partir du milieu du siècle, selon une étude internationale.

Le fameux trou de la couche d'ozone est en train de se refermer. C'est en tout cas la conclusion à laquelle est parvenue une équipe anglo-américaine, qui a publié hier soir les résultats de ses travaux dans la revue "Science". Entre 2000 et 2015, pour les mois de septembre, lorsque la perte d'ozone est la plus importante, le trou se serait réduit de 4 millions de kilomètres carrés, une surface presque équivalente à celle de l'Union européenne.

Notre bouclier contre les ultraviolets nocifs

Si l'ozone est nocif lorsqu'il provient des émanations de véhicules dans nos villes, il devient notre protecteur lorsqu'il se trouve dans la stratosphère, entre 12 et 30 km d'altitude. Sans lui, nous serions exposés à des doses de rayonnement ultraviolet incompatibles avec la vie, et la Terre serait un monde stérile. Une petite diminution au-dessus de zones peuplées, et les coups de soleil pourraient se transformer en graves brûlures, et les risques de cancers augmenteraient.

En 1985, le monde prenait conscience de l'importance de l'effet causé par la pollution atmosphérique sur la couche d'ozone avec la découverte du fameux "trou", au-dessus de l'Antarctique. C'est au-dessus des pôles que la couche est la plus fine, et à l'arrivée du printemps (mars dans l'hémisphère nord, septembre dans l'hémisphère sud), on observe un pic de diminution de l'ozone avec le retour de la lumière dans les régions polaires. Une diminution assez importante pour provoquer sa disparition saisonnière au-dessus du continent antarctique : le trou de la couche d'ozone.

Quand la communauté internationale réagit

On savait déjà depuis la fin des années 1970 que certains produits chimiques, dont les chlorofluorocarbures (CFC) présents notamment dans les gaz propulseurs de la plupart des bombes aérosols de l'époque, endommageaient la couche d'ozone, et certains pays, dont les Etats-Unis, avaient déjà commencé à adopter des mesures d'interdiction.

La découverte du "trou" au-dessus de l'Antarctique, a cependant précipité les décisions internationales en la matière. En 1987, sous la pression de la communauté scientifique, était adopté le protocole de Montréal, qui interdit globalement l'utilisation des CFC et de quelques autres produits destructeurs de la couche d'ozone. Avec sa signature progressive par la quasi totalité des pays du monde, ce protocole permettait l'arrêt quasi total des émissions des substances incriminées.

Une politique dont on voit donc aujourd'hui les effets. "C'est une grosse surprise", admet Susan Solomon, du MIT, qui a dirigé l'étude. "Je ne pensais pas que ce serait aussi tôt". Un résultat particulièrement enthousiasmant pour cette chercheuse, qui fut la première à déterminer le mécanisme qui permettait aux composants des CFC de rejoindre la stratosphère et d'agir sur la couche d'ozone, et qui fut l'une de ceux qui ont poussé à l'adoption du protocole de Montréal.

"Une bonne surprise"

Cette "guérison" de la couche d'ozone est une bonne surprise, car les spécialistes ne l'attendaient pas avant plusieurs années. Elle n'est d'ailleurs pas facile à mesurer : si les polluants d'origine humaine sont responsables de son déclin, ses variations saisonnières, elles, sont soumises à des aléas parfois imprévisibles, comme les éruptions volcaniques, qui propulsent dans la stratosphère des composés qui lui sont nocifs.

Mais l'équipe de Susan Solomon a utilisé des modélisations atmosphériques en 3D réalisées à partir de données récoltées à la fois par des satellites, des instruments au sol et des ballons-sondes pour séparer les causes d'augmentation et de diminution de l'ozone stratosphérique, et malgré une taille record en octobre 2015, due à l'éruption du volcan Calbuco (Chili) six mois plus tôt, les scientifiques ont pu conclure que notre couche d'ozone était en train de "guérir".

"Nous pouvons désormais être confiants. Ce que nous avons fait a remis la planète sur la voie de la guérison", se félicitait le Dr Solomon.

"Nous avons décidé collectivement, en tant que monde, de nous débarrasser de ces molécules. Nous nous en sommes débarrassés, et maintenant, nous voyons que la planète réagit."

Une réaction qui pourrait entraîner la disparition totale du trou de la couche d'ozone dès le milieu du XXIe siècle. Une leçon à tirer pour lutter contre le changement climatique ?

 

Post-scriptum: 
Image en fausses couleurs montrant les concentrations d'ozone au-dessus de l'Antarctique le 2 octobre 2015 ((NASA/Goddard Space Flight Center))

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