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La gilet jaune Priscillia Ludosky veut saisir la Cour pénale internationale

La gilet jaune Priscillia Ludosky veut saisir la Cour pénale internationale

Elle dénonce les violences policières et s'en prend directement à Christophe Castaner.

GILETS JAUNES - "Je ne sais pas comment il peut être encore en poste." Dans une interview publiée ce samedi 2 mars par le site reporterre.net, Priscillia Ludosky s'en prend directement à Christophe Castaner et annonce qu'elle compte saisir la Cour pénale internationale (CPI) sur les faits de violences policières constatés depuis le début de la fronde des gilets jaunes.

L'une des porte-voix du mouvement prévient: "Nous réunissons des vidéos, des photos ou tout autre témoignage à propos des violences subies par les manifestants." Derrière ce "nous" se trouve le collectif "article 35", en référence à l'article de la Constitution de 1793 selon lequel "quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs" et dont Priscillia Ludosky fait partie.

Alors que de nombreuses voix nationales et internationales s'élèvent pour demander à l'État de stopper l'usage des lanceurs de balles de défense (LBD), qui ont déjà fait de nombreuses victimes au cours de manifestations, Priscillia Ludosky vise personnellement le ministre de l'Intérieur: "Christophe Castaner a quand même une liberté incroyable. Je ne sais pas comment il peut être encore en poste", lance-t-elle. Mais elle n'épargne pas non plus les forces de l'ordre.

"J'en veux aux personnes qui donnent des ordres, et quand même un peu aux personnes qui les exécutent. On a quand même un peu de libre arbitre, à un moment donné! On peut dire 'merde', y compris au travail."

Une saisie impossible

Seulement, les gilets jaunes ont beau dénoncer les violences policières depuis le début du mouvement, ils ne pourront pas saisir eux-mêmes la Cour pénale internationale. Seuls les États parties (ceux qui ont ratifié le statut de Rome), un procureur ou le Conseil de sécurité des Nations unies peuvent le faire.

Et dans le même temps, l'exécutif se montre particulièrement ferme sur l'encadrement des manifestations et l'emploi, notamment, des lanceurs de balles de défense. Alors que le Conseil de l'Europe a appelé le 26 février la France à "suspendre l'usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre" afin de "mieux respecter les droits de l'homme", Emmanuel Macron n'a pas hésité, le lendemain, à vanter la "politique de très grande limitation et de transparence de ces matériels."

"Je le dis très simplement, je ne laisserai pas les forces de l'ordre sans aucun moyen, ni d'assurer l'ordre public, ni de se défendre face à des gens qui arrivent aujourd'hui armés et avec les pires intentions", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel le 27 février.

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