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La «gilet jaune» Priscillia Ludosky déjeune avec le Financial Times

La «gilet jaune» Priscillia Ludosky déjeune avec le Financial Times

Un des initiatrices du mouvement affirme aider à préparer «quelque chose de grande ampleur» pour le 1er anniversaire.

Près d'un an après le début du mouvement des «gilets jaunes», une de ses initiatrices, Priscillia Ludosky, a accordé une interview au Financial Times, l'emblématique quotidien économique britannique. Elle revient sur cette protestation qui s'est inscrite dans la durée, et qui a permis «aux gens de sortir de la solitude et de partager leurs problèmes».

«Je ne dirais pas que c'est un succès, mais cela a changé beaucoup de choses», confie-t-elle au journal dans sa page «Un déjeuner avec». «Les gens se sont entraidés, il y a eu un grand mouvement de solidarité et de fraternité, qui n'existaient plus en France tant nous sommes pris dans les ennuis de la vie quotidienne.» D'après elle, la mobilisation aurait également permis à de nombreuses personnes qui n'y ont traditionnellement pas accès de «s'exprimer dans les médias et de mettre en avant leur point de vue».

Celle qui aura 34 ans le 4 novembre et le reporter du journal se sont retrouvés dans un centre commercial de Seine-et-Marne.

Priscillia Ludosky a contribué à l'émergence du mouvement des gilets jaunes en lançant une pétition en ligne contre l'augmentation du prix de l'essence qui a rassemblé plus d'un million de signatures dans la seconde moitié de l'année 2018, avant d'appeler à la première manifestation le 17 novembre 2018.

A l'approche du premier anniversaire de cette date qui a marqué un tournant dans le quinquennat d'Emmanuel Macron, Priscillia Ludosky affirme aider à préparer «quelque chose de grande ampleur» pour le 17 novembre 2019, et songe à établir, pour le long terme, un «lobby des citoyens» pour mettre en avant des problématiques qui échappent selon elle à l'attention des pouvoirs publics.

«L'idée est de créer un réseau dans toute la France pour mobiliser les gens sur des questions complètement négligées», explique-t-elle. «J'ai souvent entendu des personnes se plaindre que tout le monde se fiche des problèmes au niveau départemental. Certains souffrent d'un chômage extrêmement sérieux. Ailleurs, la pollution de l'air rend tout le monde malade. A Carcassonne, l'arsenic contamine la terre et l'eau.»

Elle affirme qu'au fil de ses rencontres, elle a eu l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes venues de pays étrangers, qui lui ont déclaré combien le mouvement des gilets jaunes les a inspiré. «Ils me disent 'nous regardons ce que vous faites, nous nous vous prenons comme exemple pour affronter nos problèmes'», déclare-t-elle.

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