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"LA CORSE NE DOIT PLUS VOIR SON AVENIR SEULEMENT A TRAVERS PARIS"

http://www.corsematin.com/

Président sortant du comité économique et social européen, Henri Malosse avait apporté son soutien aux nationalistes lors des territoriales. Il plaide pour une "émancipation" de l'île qui passe surtout, selon lui, par l'Europe

Commençons avec l'actualité brûlante. Depuis vendredi, Ajaccio est sous les feux de la rampe et les événements qui s'y sont produits font l'objet de vives critiques. Quel regard portez-vous sur ces actes et les réactions qu'ils ont suscitées ?

 

Je pense qu'il y a, en France, de manière générale, un problème d'État de droit. On voit bien qu'il y a beaucoup de zones de non-droit où l'autorité est bafouée. Malheureusement, la Corse n'échappe pas à ce problème qui touche particulièrement la France mais aussi certains pays d'Europe, avec des situations de violence inacceptables contre les forces de l'ordre. Je constate aussi que pour d'autres sujets, qui concernent peut-être plus la Corse, comme la criminalité, il y a aussi une inefficacité de la justice et de la police, et cela provoque des réactions tout aussi inacceptables. Nous ne sommes pas au Far West. C'est aussi un sentiment d'impunité qui provoque ces tensions. Mais la position des médias parisiens, qui ont tendance à grossir tout ce qui se passe en Corse, est tout aussi consternante. La même chose se passe très fréquemment dans les banlieues des villes françaises, mais il y a une stigmatisation de ce qui se passe en Corse.

 

Cela a aussi été le cas avec la victoire des nationalistes aux territoriales...

 

Tout à fait. Pour les élections du 13 décembre, les médias français ont montré du doigt les résultats, et l'on voit bien l'amalgame qui est fait aujourd'hui entre Corses, nationalistes et racistes. Ce qui est absurde. Cette survivance d'attitude jacobine est hors d'âge. Se scandaliser parce que le président de l'Assemblée de Corse s'exprime en corse est absurde. Il y a d'autres pays de l'Union européenne, où cela se pratique et cela ne choque personne. Prenez par exemple le Royaume-Uni : au Pays de Galles, il y a des discours du président du Parlement qui se font en gallois, et le Royaume-Uni ne se sent pas en danger pour autant. Cette attitude parisienne, qui consiste à montrer du doigt les nationalistes corses et les actes malheureux d'Ajaccio, montre bien que l'on utilise ce genre d'événements pour stigmatiser la Corse et ses habitants.

 

En parlant des nationalistes, justement, pour entrer dans le vif du sujet, après avoir été éconduit de la liste de Paul Giacobbi pour les territoriales, vous avez apporté publiquement votre soutien à Gilles Simeoni, puis à la coalition nationaliste du second tour. Pour le coup, c'est un changement de cap...

 

J'ai toujours expliqué que je m'étais rapproché de Paul Giacobbi autour d'un projet politique qui reposait sur les acquis de sa mandature : la coofficialité, le vote sur le statut de résident, la collectivité unique et d'autres dossiers pour lesquels j'avais pris position. Mais j'avais sous-estimé l'aspect clientéliste et électoraliste dont on m'avait prévenu. Lorsque j'ai été confronté à ce système, il y a eu un désaccord politique qui n'était pas seulement le problème de la place. Tout cela m'a déçu. Je souhaitais continuer sur l'élan de la mandature et si l'on regarde ma déclaration de candidature au côté de Paul Giacobbi, en mai dernier, je faisais part également de ma sympathie envers les personnalités de Gilles Simeoni et de Jean-Christophe Angelini. Je n'ai pas varié là-dessus.

 

Logiquement, après cette déception liée à la découverte de l'ampleur du système et à son impact sur Paul Giacobbi, j'ai soutenu ceux qui me paraissent être sur la ligne de l'émancipation de la Corse. D'autant qu'ils ont aussi pris l'engagement de sortir du clientélisme, qui est une pratique d'un autre temps. Je me réjouis qu'une majorité de Corses ait suivi la liste nationaliste pour adhérer à la logique d'une émancipation raisonnée et qu'ils aient fait le choix du rejet du clanisme et du clientélisme, dont on a vu les limites. J'avais d'ailleurs dit à Paul Giacobbi et Mimi Viola que leur vision des voix qui appartenaient aux élus était dépassée. Je crois que les résultats de l'élection m'ont donné raison.

Post-scriptum: 
Henri Malosse : "Je suis tout à fait disposé à aider le nouvel exécutif". Archives Océane Baldocchi

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