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JE SUIS ASSIMILATIONNISTE ET JE BOIS DU PETIT LAIT !

JE SUIS ASSIMILATIONNISTE ET JE BOIS DU PETIT LAIT !

  Bon, les amis, pendant que vous vous arrachez les cheveux pour savoir si "gouvelman" autorise l'ouverture des plages, moi, je suis au bord de ma piscine.

 Piscine avec vue sur mer, siouplait ! Et je sirote mon daïquiri matinal dont je ne vous livrerai évidemment pas la recette, tout en surfant sur le Net avec mon IPhone dernier cri. Qu'est-ce que je me marre avec ces vidéos d'hurluberlus enragés qui jettent bas les statues de Papa Schoelcher ! D'ailleurs, Mano et Jojo, mes meilleurs potes, l'un expert-comptable, l'autre avocat, me bombardent de SMS depuis l'aube : "Génial ! Ils font le boulot à notre place, ces cons !". Je ne suis pas très porté à croire en la télépathie (la seule chose en laquelle je crois, ce sont les cours de la Bourse où j'ai quelques actions), mais là, j'ai pensé la même chose qu'eux et exactement au même moment.
 Ben oui, quoi ! Avant, nous, les Assimilationnistes, ont était obligés de sortir le grand jeu : ce truc que nos adversaires de toujours appellent "le chantage au largage". Pour éviter que ces couillons des classes populaires ne votent en masse pour les autonomistes ou, pire, les indépendantistes, nous étions obligés d'inventer toutes sortes de trucs : "Vous n'aurez plus de retraite", "la Sécu sera supprimée", "l'allocation-chômage aussi", "l'allocation-braguette itou", "les 40% s'envoleront" etc...etc...Des fois, fallait même ajouter : "Vous serez dirigés par des rois nègres comme Bokassa ou Amin Dada".
 Et ça marchait 5 sur 5 ! Sauf qu'au bout d'un moment, nous avons relâché la pression et le chantage au largage n'a plus fonctionné. Les couillons votaient désormais pour les autonomistes et les indépendantistes. Ne nous restait plus, par exemple, à nous les Assimilationnistes, que deux ou trois communes sur 34. Putain, qu'est-ce qu'on a eu comme sueurs froides ! J'ai même envisagé à un moment de tout vendre et d'emménager dans mon appart' parisien, c'est dire !
 Sauf que ceux que nous pensions être des couillons se révélaient en fait être des petits malins. De vrais descendants de Compère Lapin ! Ha-ha-ha ! Ti Sonson votait pour nos adversaires autonomistes et indépendantistes parce qu'il avait compris longtemps avant nous que ces derniers, c'était du toc, du krizokal. C'étaient donc, nous les couillons, nous, les Assimilationnistes, malgré nos beaux diplômes. Wouaw, la baffe ! Enfin, le palaviré ! Ben oui, une fois installés dans leur (tout de même) petit pouvoir, nos chers adversaires ne faisaient avancer ni l'autonomie ni l'indépendance d'un pouce. Ouf ! Le soulagement que ce fut pour nous. Nous pouvions dormir sur nos deux oreilles (de Compère Lapin, nous aussi).
  Mais le danger était encore là.
 Tout en ne faisant rien pour concrétiser ni l'autonomie ni l'indépendance, nos adversaires continuaient à marteler leur même discours séparatiste et nous nous disions qu'à la longue, ça pouvait devenir dangereux pour nous si attachés à la Mère-Patrie. Or, il n'était plus question de ressortir notre bon vieux discours sur le "largage". Ca ne fonctionnait plus. Fallait absolument trouver autre chose. Mais quoi ? Nous n'en savions fichtre rien et vivions avec les chocottes. Un malheur est si vite arrivé : aucun politologue n'avait prévu la chute du mur de Berlin ni le Printemps arabe et donc aucun ne serait en mesure de nous dire si brutalement, nous ne basculerions pas dans l'indépendance. Une foldingue comme la Le Pen, par exemple, si jamais elle parvenait au pouvoir, pourrait fort bien se débarrasser de l'Outremer (qui coûte trop cher et blablabla).
  Le chantage au largage ne marchant plus, fallait trouver autre chose. Mais quoi ?
  Et là, miracle ! Don du ciel ! Cadeau de Zeus et de Jéhovah ! Voici qu'une bande de dépenaillés enragés est venue à notre secours. Depuis deux ans, j'applaudis  dans mon for intérieur à chacune de leurs actions (soi-disant) révolutionnaires : et vas-y que je te bloque un supermarché ! et vas-y que je te tague les murs d'une entreprise de Bétjé déwò ! et vas-y que je ramène un activiste panafricaniste pour piquer des sachets de sucre dans un centre commercial ! et vas-y que je déclenche une mini-émeute devant le tribunal de Foyal à chaque arrestation d'un activiste ! etc...
 J'applaudis parce que je sais qu'à part cette cinquantaine de bouffons incultes, Ti Sonson lui, n'aime pas ça du tout. Mais alors, pas du tout ! En plus, ça fout mes adversaires autonomistes et indépendantistes en porte-à-faux lesquels sont obligés de condamner lesdites actions et se voient traiter d'agents du colonialisme par les enragés. Tout bénef pour nous autres, Assimilationnistes ! Or hier, nos enragés sont montés d'un cran en détruisant les statues de Papa Schoelcher et là, ils nous ont donné un sacré coup de main. Car cette fois, Ti Sonson ne va pas le prendre du tout comme il dit dans son langage. Ma main à couper que dans les élections des prochaines années, nous, les Assimilationnistes, on reprendra le poil de la bête !
 Alors que nous cherchions désespérément à trouver un substitut au chantage au largage, voici qu'une bande d'incultes enragés est venue nous prêter main forte ! Car enfin quel Martiniquais, quel Ti Sonson voudrait être dirigé par ce cocktail douteux de rescapés de l'indépendantisme, presque tous sexa ou septuagénaires, et de jeunes trentenaires biberonnés à YouTube, Instagram et Facebook ? 
 Continuez les gars ! Y'a encore plein de trucs qui portent les noms de l'Alsacien : rue, bibliothèque, école etc...Du boulot, y'en a ! Et moi, je pourrai ainsi continuer à boire mon daïquiri matinal au bord de ma piscine et surtout dormir, enfin !, sur mes deux oreilles la nuit. Comme répulsif anti-indépendance, vous êtes un Super-Baygon, les gars 

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