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Israël inaugure la "route de l'apartheid" au nord de Jérusalem

Israël inaugure la "route de l'apartheid" au nord de Jérusalem

On parle beaucoup de "mur" et de "roue" en ce moment dans l'actualité internationale. Vous voyez sans doute à quoi je fais référence. Donald Trump hier sur la frontière mexicaine développait à nouveau son argument favori : "Bâtir des murs , c'est comme l'invention de la roue, c'est vieux comme le monde... mais il n'y a que ça qui marche, aujourd'hui encore."

Vous voyez sans doute à quoi je fais référence. Donald Trump hier sur la frontière mexicaine développait à nouveau son argument favori : "Bâtir des murs , c'est comme l'invention de la roue, c'est vieux comme le monde... mais il n'y a que ça qui marche, aujourd'hui encore." 

je vous épargne les débats interminables dans la presse américaine sur l'erreur du président : non, la roue n'a pas été inventée avant le mur.

Parlons plutôt, ce matin, d'un pays, cher à Donald Trump, qui vient de réaliser en quelques sortes l'aboutissement de sa logique. J'ai nommé Israël qui inaugurait hier une route qui, sur ses 5 kilomètres de long, est partagée en son centre par un mur de béton, surélevé lui-même d'une barrière métallique : en tout ça fait 8 mètres de haut.  

C'est Haaretz qui se charge de nous la décrire, photos à l'appui : d'un côté du mur central vous avez la route pour les automobilistes israéliens, de l'autre, celle pour les Palestiniens. Du coup, pour le quotidien, cette route 4370 qui relie Jérusalem à des colonies juives, c'est "la route de l'apartheid", une ségrégation "honteuse" qui va bien plus loin, nous explique-t'on, que les précédentes routes israéliennes protégées par des murs : cette fois-ci la séparation est complète, hermétique, seule la partie de la route venant des colonies juives mène à un check-point, interdit aux palestiniens, qui permet d'entrer dans Jérusalem. Les conducteurs de Cisjordanie, eux, n'ont pas d'autre choix que de rejoindre le contournement de la Ville Sainte, dont ils sont tenus à bonne distance.  

Ça n'a pas empêché le ministre de la Sécurité publique, GIlad Erdan, d'inaugurer cette route en en faisant "un exemple de ce qu'on peut créer en matière de vie commune entre Israéliens et Palestiniens" : vie commune, certes, mais avec tout de même un mur de 8 mètres entre les deux. 

Le Times of Israël, cite également le ministre des Transports palestinien pour qui cette route 4370 est "inacceptable", en ce qu'elle incarne les "discriminations imposés aux peuple palestinien par un régime israélien ouvertement raciste", et comparable, en tant que tel donc, à l'Afrique du Sud du temps de l'Apartheid. 

Sur cette comparaison historique, Haaretz republie un éditorial daté de fin août dernier et signé Ravid Hecht. On y lit que oui, la politique menée par Benyamin Netanyahou et ses alliés d'extrême-droite est une politique d'apartheid. Mais, qu'on le veuille ou non, écrit la journaliste, "l'apartheid, c'est ce que veut l'opinion israélienne, ce que demande la base qui continue de soutenir ce gouvernement".  

Post-scriptum: 
La "route israélienne de l'apartheid" en Cisjordanie• Crédits : Abir Sultan - Maxppp

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