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ILS PRATIQUENT LA GLOTTOPHOBIE DEPUIS L'ABBE GREGOIRE (1794) MAIS ILS CLOUENT MELENCHON AU PILORI !

ILS PRATIQUENT LA GLOTTOPHOBIE DEPUIS L'ABBE GREGOIRE (1794) MAIS ILS CLOUENT MELENCHON AU PILORI !

   Vous  ne savez pas qui est l'Abbé GREGOIRE ? Pourtant, il a une place à son nom au quartier des Terres-Sainvilles, au beau mitan Fort-de-France. Pourquoi ? Parce que c'est un type bien qui a fait partie du "Comité des Amis des Noirs" lequel a poussé à la première abolition de l'esclavage dans les colonies françaises d'Amérique. En 1794 (le 04 février très exactement)...

   (Bon, nous, habitants de la Martinique n'avons pas connu ladite abolition vu que nos chers Békés, mus par l'ardent patriotisme qui leur est comme chevillé au corps, ont fait appel à l'Angleterre, ennemie de la France à l'époque, qui se trouvait à 27kms de là, en l'île de Sainte-Lucie, et leur ont demandé d'occuper notre île. Mais bon...)

   Revenons à notre sujet ! l'Abbé GREGOIRE c'est aussi un type pas bien. Pas bien du tout ! Pourquoi ? Parce qu'il avait été chargé par les dirigeants de la Révolution française (1789) de la rédaction d'un "Rapport sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française". Pour aller vite, ROBESPIERRE coupait des têtes, lui GREGOIRE coupa des langues, enfin des machins, des idiomes, des patois, des parlures pas civilisées. Notre homme pratiqua donc la guillotine linguistique.

    A la décharge des révolutionnaires, en 1789, seul 1/3 des Français parlaient le...français.  Les 2/3 parlaient normand, poitevin, picard, provençal, gascon, breton etc. La royauté s'en était accommodée. Lorsqu'un édit royal était pris, on rassemblait la population sur les places publiques au son du tambour et on lui traduisait le texte dans sa langue locale. La nouvelle "République Une et Indivisible" et ses fameux Jacobins ne pouvaient s'accommoder de ces particularismes linguistiques. Il fallait sévir et le meilleur moyen fut l'école, l'administration et la justice où ces parlers furent dès lors interdits.

   Si bien que la glottophobie, dont se gargarisent ces jours-ci les médias à propos de Jean-Luc MELENCHON, qui s'est ou se serait moqué de l'accent du midi d'une journaliste, venait de naître de manière officielle. Elle fut ardemment pratiquée non seulement par les élites parisiennes où se trouvait le pouvoir central, mais aussi par les élites provinciales acharnées à détruire leur propre idiome. La glottophobie existe donc en France, de manière tout à fait officielle donc, depuis la fin du 18è siècle c'est-à-dire depuis presque 3 siècles. On est a 21è siècle, donc que nos journalistes ignares arrêtent de raconter des âneries ! 

   Pas la peine de jouer aux (faux) savants avec un mot que seuls les linguistes utilisaient jusqu'à présent ! Il suffit de se poser des questions toutes simples. Du genre : peut-on devenir un présentateur-vedette du Journal télévisé d'une grande chaîne, devenir disons un PPDA ou une Claire CHAZAL, si on a un accent du midi ? Réponse : NON. Peut-on devenir un acteur de cinéma reconnu ? Réponse : NON (sauf pour les films inspirés de PAGNOL). Peut-on devenir sociétaire de la Comédie française ? Réponse : NON. Peut-on devenir un grand homme politique ? Réponse : NON (sauf ministre des flics et des voyous comme Charles PASQUA).

   Donc c'est quoi ces trémolos d'indignation face à MELENCHON ?  Pourquoi ces cris de pucelles effarouchées et ce mot__glottophobie__jeté comme un gros mot, en pâture à une opinion publique à qui l'école de la République n'a jamais parlé de l'Abbé GREGOIRE ? C'est un leurre comme sait si bien en agiter la bourgeoisie. Rien d'autre. Car cette bourgeoisie, depuis trois siècles, pratique une glottophobie active, rejetant non seulement les accents hexagonaux (marseillais, corses, alsaciens etc.), mais aussi les accents des francophones (québécois, antillais, arabe, africain, asiatique etc.). Les humoristes s'en donnent d'ailleurs à cœur joie et certains en ont même fait leur fond de commerce.

   Cet article vise-t-il à prendre la défense de Jean-Luc MELENCHON ? Oh que non ! Bien fait pour ta gueule, grand jacobin devant l'Eternel que tu t'es toujours proclamé ! Nous avons simplement voulu mettre à nu , une fois de plus, l'hypocrisie monstre de la bourgeoisie française et de ses laquais (journalistes, experts télévisés, communicants etc.). 

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