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HOMMAGE A STEVE BIKO

par Roland Davidas

Lendi té ni 39 lanné lapolis rasis L'Afrik-di-Sid tjwé Steve Biko pandan i té lajol. Misié poko té ni 30 an. Anlo moun dékouvè valè misié adan an film yo kriyé "Cry freedom". Mi an artik  ki ka gloriyé konba Steve Bko pandan L'apartheid.

 

 HOMMAGE A STEVE BIKO

 

12 septembre 1977-12 septembre 2016  : il y a tout juste 39 ans, mourait Steve Biko, le jeune activiste anti-apartheid et nationaliste noir d’Afrique du Sud.

Il n'avait pas trente ans quand il fut assassiné. 

Il rayonnait de santé et de vie quand il fut arrêté le 18 août 1977 puis enfermé dans la prison de Port-Elisabeth au sud du pays. Moins de quatre semaines plus tard, il figurait sur la triste liste des morts en prison en Afrique du Sud. Les autorités tentèrent de dissimuler les conditions de sa mort. Jimmy Kruger, le ministre de la justice de l'époque déclara que Steve Biko était mort à la suite d'une « grève de la faim »!

Le héros de la lutte anti-apartheid fut en réalité, torturé, blessé à la tête et au corps et le rapport d'autopsie révéla qu'il était mort des suites d'une lésion cérébrale

Des milliers de personnes ont participé à des rassemblements organisés dans tout le pays à la mémoire du jeune nationaliste noir. La presse et l'opinion exigèrent que toute la lumière soit faite sur la mort de Steve Biko.

Courageux, déterminé, intelligent et doté d'un grand sens de l'humour, Steve Biko voulait redonner confiance et fierté aux Noirs d' « Azanie » ( nom africain de l'Afrique du Sud). Ceux-ci étaient en effet  discriminés et persécutés  par le pouvoir blanc au nom de la politique d'apartheid instaurée en 1948 (séparation des races et consécration de la domination blanche).

Théoricien de la « Conscience Noire », Stephen Bantu Biko tenta de réconcilier l'homme noir avec son origine et son passé afin de lutter contre le sentiment d'infériorité qui conditionnait l'existence de ses frères. Il connaissait l’œuvre d'Aimé Césaire et celle de Frantz Fanon. Il aimait citer ce passage du « Cahier d'un retour au pays natal» :  « aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête... ». Pour Biko la libération était d'abord « psychologique » : les Noirs ne peuvent se libérer politiquement de l'apartheid que s'ils cessent de se sentir inférieurs aux Blancs.«  L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé » déclara-t-il dans une célèbre citation. 

Steve Biko paya de sa vie son engagement en faveur de la liberté et de la dignité de son peuple. Son meurtre resta impuni mais le conseil de sécurité de l'ONU vota une loi imposant un embargo sur les ventes d'armes à destination de l'Afrique du Sud.

Il est considéré aujourd'hui comme un martyr de la lutte anti-apartheid et le symbole de la résistance noire à l'hégémonie blanche.

 Peter Gabriel lui a consacré une chanson intitulée « Biko » et il est également le sujet du film « Cry freedom » ( « Le cri de la liberté ») de Richard Attenborough

 

                                                                                             R. D

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