Accueil
Aimé CESAIRE
Frantz FANON
Paulette NARDAL
René MENIL
Edouard GLISSANT
Suzanne CESAIRE
Jean BERNABE
Guy CABORT MASSON
Vincent PLACOLY
Derek WALCOTT
Price MARS
Jacques ROUMAIN
Guy TIROLIEN
Jacques-Stephen ALEXIS
Sonny RUPAIRE
Georges GRATIANT
Marie VIEUX-CHAUVET
Léon-Gontran DAMAS
Firmin ANTENOR
Edouard Jacques MAUNICK
Saint-John PERSE
Maximilien LAROCHE
Aude-Emmanuelle HOAREAU
Georges MAUVOIS
Marcel MANVILLE
Daniel HONORE
Alain ANSELIN
Jacques COURSIL

FRIC, SEXE ET DROGUE : LE COCKTAIL DETONNANT QUI TUE LA JEUNESSE MASCULINE MARTINIQUAISE

Il existe un désastre masculin à la Martinique depuis quelques années. Au baccalauréat, les filles sont trois fois plus nombreuses à réussir que les garçons. A l'université, toutes filières confondues, ces derniers sont minoritaires et les nouveaux médecins, dentistes, pharmaciens ou avocats sont désormais à plus de 70% de sexe féminin. 

On aurait pu se réjouir de cette sorte de rééquilibrage s'il ne se révélait pas en réalité un nouveau déséquilibre beaucoup plus dangereux à moyen terme que l'ancien. Car demain, lorsque tous ces garçons, devenus adultes, qui auront quitté l'école ou l'université sans le moindre diplôme, se retrouveront face à des générations de jeunes femmes diplômées, que se passera-t-il ?

   Si aujourd'hui, la violence contre les femmes est déjà insupportable, que sera-t-elle dans dix ou vingt ans ? Il y a tout lieu de craindre le pire. Alors, il convient de se poser la seule question qui vaille : est-il encore possible de rattraper les choses c'est-à-dire de remettre cette jeunesse masculine en déshérence sur les rails ? Difficile ! Très difficile. Pourquoi ? Parce que cette génération s'est, hélas, laissée prendre dans les filets d'une triple alliance : fric-sexe-drogue. Alliance nourrie par les clips de ragga dance-hall jamaïcain et de rap noir américain qui vantent à longueur de journée le dollar, les femmes nues qui remuent leur "bonda" et le "zeb".

   D'abord, le dieu fric ou plus exactement le dieu dollar devant lequel se prosternent ces musiciens et chanteurs qui n'ont pourtant que les mots "black" ou "Africa" à la bouche. Il faut les voir, lourdement lestés de grosses bagues et d'énormes chaînes en or, manipuler des liasses de billets verts dans leurs clips, cela au volant de grosses voitures. Le jeune qui les regarde n'a qu'une envie : les imiter, devenir comme eux. Comme dans le même temps, ces ragga-dancehalleurs exhibent aussi leurs "poteaux" de ganja, on comprend vite le lien qui unit les deux premiers éléments du cocktail. Vendons de l'herbe, du crack ou de la cocaïne et comme ça, on aura du fric à n'en plus savoir que faire. Lequel fric nous ramènera des tonnes de "djal" aux fesses rebondies déjà prêtes à se faire enfiler.

   Comment donc lutter contre ces images désastreuses qui pourrissent notre jeunesse masculine ? D’autant que le premier résultat de ce cocktail diabolique n’est autre que la violence à l’état pur. Violence qui ne touche pas que la conurbation Schoelcher-Fort-de-France-Lamentin, mais l’ensemble du pays. Dans une commune rurale comme le Gros-Morne deux jeunes de moins de 25 ans ont été abattus le mois dernier. C’est quasiment tous les jours désormais qu’une, deux, voire trois agressions, à l’arme blanche ou à feu, se produisent contre des citoyens désemparés. On pourra toujours invoquer le fort de taux de chômage qui sévit en Martinique sauf que nombre de ces jeunes ne sont pas encore en âge de travailler. Ils sont collégiens, lycéens, parfois étudiants. On pourra invoquer la démission familiale, l’interdiction de corriger les enfants mal élevés ou turbulents, la déshérence culturelle, le colonialisme et patati et patata. On pourra invoquer tout ce que l’on veut. Il n’en demeure pas moins que la première cause de ce désastre masculin n’est autre que le flot d’images et de clips que nous déversent sans limites toutes ces chaînes de télé ou Internet sur lesquels nos jeunes garçons et nos jeunes hommes sont branchés quasiment jour et nuit.

   Alors que faire ?...

Commentaires

Eric747 | 22/12/2014 - 10:52 :
Votre article est intéressant ; cependant vous terminez par une question sans apporter de réponses . Vous laissez ainsi une impression de fatalité et de pessimisme. N'auriez-vous pas peur de vous exprimer jusqu'au bout ? La peur de s'exprimer est précisément l'une des plus grandes violences que subit le peuple martiniquais. Le constat très pertinent que vous faites mériterait que vous désignassiez ceux qui sont à l'origine du dévoiement de notre jeunesse, ainsi que leur mobile; car il y a des responsables et des coupables . J'ajoute deux choses pour compléter le tableau que vous avez présenté : La première est que dans la tranche d'âge de 30 à 44 ans, le nombre d'hommes en Martinique est inférieur d'environ 30% à celui des femmes ( au-dessus de cette tranche d'âge, le pourcentage est moins élevé, mais il reste important). Un tel déficit démographique est comparable à un bilan "hécatombal" de guerre. La deuxième est que l'image de l'homme martiniquais, notamment aux yeux des femmes, est particulièrement dépréciée ; cette image est systématiquement, dans les médias, associée aux violences conjugales et sexuelles. Je discutais récemment avec une femme qui me disait : " l'inceste est tellement ancré dans la mentalité du martiniquais... ". C'est le résultat de 30 années de propagande anti-homme, menée par une association comme l'Union Des Femmes Martiniquaises, entre-autres. Pas étonnant que les hommes qui appartiennent à la tranche la plus dynamique quittent le pays. Le constat que nous faisons est politique; il appelle donc des réponses politiques. S'exprimer est le premier acte politique.
Patati é patata | 27/04/2015 - 19:59 :
Je ne comprends pas pourquoi toujours remettre la faute a une propagation d'image ,alors que la violence remonte à tes temps ancien comme Abel et Caïn , fallait il du tupac pour faire de la prostitution l'un des métiers les plus vieux du mondes , c'est aussi vrai que Bob Marley est le dieu qui créa la nature et tous les psycho drogue qu'on peut y trouver , si c le désir de ce jeune d'être le vybz de mada ,pourquoi pas , si les fille aime danser sur du son de noir, pourquoi pas , parceque personne s'indigne de rouler sa voiture ,alors qu'on sait que beaucoup meurt à cause de l'or noir , personne s'indigne pour son portable ,alors combien souffre pour extraire ces matériaux dont sont composées ,ces petites merveilles de technologie ,la violence de l'homme n'est pas dû à des images mais à sa nature de vouloir jouir de plaisir , le Sex c bon , le fric quand tu as c bien , alcool , le "zeb ", gourmandise ,luxure et etc d'addiction c parfois très bon . Nous somme ce que nous somme

Connexion utilisateur

CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d'éviter les soumissions automatisées spam.

Pages