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DOSSIER CUBA : DE BLOCUS EN CHANTAGES PERDANTS PERDANTS GAGNANTS GAGNANTS

Cuba, de blocus en chantages. Espérons que les chantages seront réciproques...(dossier augmenté des contributions les plus intéressantes depuis le 17 décembre 2014

Après le rétablissement des relations diplomatiques, il est logique d'imaginer que les capitaux US vont se ruer sur le pays, en toute amitié.... pour leurs propres profits.
Et l'étape suivante pourra être d'imposer toutes sortes de chantages à Cuba (puisque les Cubains vont emprunter et se lier les mains de mille façons), si politiquement et militairement, l'île ne se comporte pas comme il convient à la CIAle chantage, l'embargo discrédité mondialement ne pouvait pas faire, puisqu'il n'y avait pas, officiellement, de prise, de firmes, de lobbies et de millions en jeu.

. Voir l'excellent modèle indonésie-vietnam dessiné par Noam Chomsky. Sa conclusion: "Pour la guerre du Vietnam c’est un peu la même chose, elle est également considérée comme un échec et comme une défaite. Le Vietnam en tant que tel n’avait guère d’intérêt, mais comme les documents disponibles le montrent, Washington s’inquiétait de la possibilité d’un développement indépendant qui pourrait devenir contagion dans toute la région, atteindre l’Indonésie, avec ses riches ressources, et peut-être même atteindre le Japon – le « superdomino » comme décrit par l’historien de l’Asie John Dower – qui s’accommoderait bien d’une Asie orientale indépendante et qui deviendrait son centre industriel et technologique, hors du contrôle des États-Unis, construisant de fait un nouvel ordre en Asie. Les États-Unis n’étaient pas prêts à perdre la Deuxième Guerre mondiale dans le Pacifique, ils ont donc vite apporté leur soutien à la guerre de reconquête de la France dans son ancienne colonie, puis les choses se sont enchaînées jusqu’à atteindre l’horreur, avec une notable escalade au moment de l’entrée en fonction de Kennedy, puis plus tard avec ses successeurs.

Le Vietnam a quasiment été détruit ; il ne serait modèle pour personne. Et la région a été protégée par l’installation de dictatures meurtrières, tout comme en Amérique latine dans les mêmes années – il est naturel que la politique impériale suive des linéaments identiques dans différentes régions du monde. Le cas le plus important c’était l’Indonésie, protégée de la contagion par le coup de Suharto, un « stupéfiant massacre de masse » comme le décrit, justement, le New York Times, tout en se joignant à l’euphorie générale qui voyait là comme « une lueur en Asie » (expression de James Reston, journaliste de tendance libérale). En rétrospective, McGeorge Bundy, qui a été conseiller de Kennedy et de Johnson pour les questions de sécurité nationale, tout en prenant acte du fait que « nos efforts » au Vietnam ont été « excessifs » après 1965, si on considère que l’Indonésie était à l’abri après avoir été inoculée.

La guerre du Vietnam est décrite comme un échec, une défaite américaine. En réalité ce fut une victoire partielle. Les États-Unis n’ont pas atteint leur objectif optimal : transformer le Vietnam en Philippines. Mais les objectifs les plus importants ont été atteints, un peu comme dans le cas de Cuba. De tels résultats sont donc considérés comme une défaite, un échec, de très mauvaises décisions.

La mentalité impériale est fabuleuse a observer. Presque tous les jours nous en avons de nouvelles illustrations. Nous pouvons ajouter ce nouveau « geste historique » à propos de Cuba, et sa réception chez les commentateurs, à cette belle liste.

Noam Chomsky, le 21 décembre 2014

Source : https://zcomm.org/zcommentary/obamas-historic-move/. 

. Voir l'excellente synthèse et le pronostic peu rassurant de Thierry Meyssan ici

. Voir en quoi tout cela est plutôt à l'avantage de Cuba, malgré les risques: [url]http://www.dedefensa.org/article-une_victoire_de_cuba_gr_ce_au_syst_me_21_12_2014.html
[/url]

. Indiscutable, notre dette morale envers Cuba: 
"La disparition du Bloc socialiste a pesé très, très lourdement sur le destin de Cuba et sa survie relève d’une intelligence politique et d’un héroïsme hors-normes."http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/8669-cuba-et-la-conscience-d-un-echec-us.html

. Il reste une prisonnière cubaine injustement détenue aux USA, alors qu'elle travaillait pour ce qui rassemble aujourd'hui les diplomaties cubaine et usienne : Ana Belén Montes

Quelques rappels :
. le citoyen échangé contre trois Cubains est un ISRAELIEN qui infiltrait la communauté juive de La Havane.Si ce n'est lui, ce sera son frère et ses frères qui continueront le travail.
. les trois Cubains libérés n'étaient pas des terroristes mais des agents qui cherchaient à prévenir le gouvernement US des menées terroristes bien réelles de la mafia de Miami; ils faisaient leur travail, sur ordre de Fidel Castro, qui cherchait la distension depuis longtemps.
. C'est parce que la diplomatie russe est très active à Cuba, dans le but de se faire du pays un allié sûr et utile, du point de vue militaire et de l'espionnage cybernétique, qu'Obama estime maintenant urgent de réimplanter largement et ouvertement les intérêts US à Cuba.C'est le Jerusalem Post qui le dit.
. Cuba est un enjeu diplomatique et militaire pour la Chine, pour les pays du BRICS, pour l'Amérique latine: comme elle l'a toujours été, cette île au tracé visiblement orienté, sans qu'on puisse dire facilement vers quoi, redevient "la clé du Golfe (du Mexique), la clé de la Méditerranée caribéenne disputée par toutes les puissances coloniales européennes + les USA.
. Ceux qui font grise mine face à la reprise des relations diplomatiques Cuba-US sont les Républicains archi-pro ISRAELIENS, tel le sénateur de Floride Marco Rubio
, ou notre minable lobbyste local Jacobo Machover. Il est probable qu'ils sont marris à l'idée que si Obama lève les sanctions contre Cuba, il pourrait aussi le faire, pour les mêmes raisons "d'inefficacité", en ce qui concerne l'Iran, ce qui évidemment, ne ferait pas plaisir à l'Israël. Et c'est ce que suggère tout bas, mais avec joie, l'agence iranienne IRIB ici.

Si tous ceux qui ont quelques biens à mettre sur le marché se réjouissent, certains signalent très justement que les Cubains pauvres n'ont rien à y gagner: la restauration du capitalisme est en cours depuis des années, progressive, prudente, bien encadrée par le gouvernement cubain, mais elle n'a pas apporté l'abondance, elle a creusé les inégalités sociales, vertigineusement. Et cette nouvelle étape va encore les aggraver.

A noter, les dimensions spirituelles de l'évènement: le rétablissement des relations diplomatiques est annoncé le 17 décembre, jour de pélerinage à Cuba à Saint Lazare (ce mort ressuscité par Jésus, selon les Evangiles) patron des causes les plus difficiles pour les Cubains; et toute l'Amérique latine salue (mais l'Iran aussi, sans parler de tous les honnêtes gens du monde entier!!!!) les bons offices du Vatican, en amont de l'accord, avec un pape qui est de plus en plus la Voix de l'Amérique Latine, reconnue comme telle par les présidents équatorien, argentine, vénézuélien et les peuples de tout le continent. Voir à ce sujet le récapitulatif bien documenté http://zebrastationpolaire.over-blog.com/article-pourquoi-la-diplomatie-vaticane-a-reussi-a-cuba-la-ou-beaucoup-d-autres-ont-echoue-125239843.html

Historique des relations Vatican-USA :http://reseauinternational.net/nouveau-pacte-entre-le-vatican-et-washington/

Ci-dessous, un florilège des états d'âme versatiles des politiciens français, puis le discours intégral de Raul Castro. 

Cuba et la métamorphose des cloportes français

En ont-ils eu, nos politiques lécheurs du Qatar esclavagiste, du Maroc obscurantiste, de l’Arabie saoudite misogyne et adepte des décapitations, de l’Ukraine aux ministres néo-nazis, des mots assez durs contre Cuba.

Puis, surprise, le président des USA change de ton.

Aussitôt, nos cloportes lui collent au train.

Rama Yade, salue le « rétablissement des relations diplomatiques » entre Cuba et les Etats-Unis, un « événement historique qu’on retiendra au bilan de la présidence » (pas celle de Sarkozy dont elle fut ministre). 
Claude Bartolone, président PS de l’Assemblée nationale approuve : « Je salue la réconciliation des peuples américain et cubain, une belle révolution ». 
Nicolas Dupont-Aignan soutient cette évolution (après avoir soutenu à Béziers un Ménard qui fit de RSF une machine de guerre contre Cuba).
Pour François Bayrou : « cela montre une chose extraordinaire : les hommes peuvent parfois changer le cours de l’Histoire ». 
Hervé Gaymard, ex-ministre UMP salue « Un événement majeur. Barack Obama a eu beaucoup de courage » (contrairement à Sarkozy !). 
François Hollande qui a souscrit à toutes les mesures anti-cubaines et jusqu’à la punition de la BNP par les USA il y a peu, a déclaré : « Je trouve dommage qu’on ait attendu aussi longtemps, mais c’est bien ».
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a également salué le rapprochement entre Washington et La Havane.
Hervé Mariton, UMP, remarque qu’il « faut savoir tourner la page à l’égard d’un pays, d’une population qui ont énormément souffert ».

Jack Lang (1) est le meilleur. Alors qu’une rumeur dit que Barack Obama pourrait se rendre sur l’île, il se précipite pour limiter les dégâts : « J’estime que François Hollande doit aller à Cuba ».

Par allégeance envers les USA, aucun président français n’a visité Cuba depuis la révolution de 1959. Et si Fidel Castro est venu en France, sous la présidence de François Mitterrand, il le doit à son amie Danielle Mitterrand qui lui fit en public un baiser qui ne lui a jamais été pardonné par la classe politico-médiatique.

Regardons-les : ils approuvaient hier les USA quand ce pays faisait le contraire de ce qu’il fait aujourd’hui... et qu’ils s’empressent d’approuver.

Demain, si un successeur d’Obama en revient aux menaces, ils applaudiront illico comme des marionnettes dont les fils sont tirés depuis Washington.

Théophraste R. (billettiste d’un site qui n’a pas à changer de veste puisqu’Obama semble nous avoir lus avant de décider).

(1) Merci à nos lecteurs de compléter ici la liste au fur et à mesure.

Discours de Raul Castro

Compatriotes, Depuis mon élection en tant que président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, j’ai exprimé, à maintes reprises, notre décision d’entretenir avec le gouvernement des États-Unis un dialogue respectueux, basé sur l’égalité souveraine, pour traiter les sujets les plus divers de manière réciproque, sans empiètement sur l’indépendance nationale et l’autodétermination de notre peuple. Il s’agit d’une position qui a été exprimée au Gouvernement des États-Unis, de manière publique et privée, par le camarade Fidel à différents moments de notre longue lutte, et ceci avec la proposition de discuter et de régler les différends par la voie des négociations, sans renoncer à aucun de nos principes. L’héroïque peuple cubain a fait preuve, face aux grands dangers, aux agressions, aux adversités et aux sacrifices, qu’il est et restera fidèle à nos idéaux d’indépendance et de justice sociale. Étroitement unis en ces 56 années de Révolution, nous avons gardé une profonde loyauté envers ceux qui sont tombés dans (...) Lire la suite ici» 

http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1653

Post-scriptum: 
Tony Guerrero, libéré le 17 décembre, est un poète et artiste peintre remarquable. Ses poèmes ont été traduits et publiés sous le titre Poèmes de ma hauteur aux éditions L'Harmattan, avec une préface de Maria Poumier

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