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"DIEN BIEN PHU" D'ALEXANDRE OHO BAMBE

Hector POULLET
"DIEN BIEN PHU" D'ALEXANDRE OHO BAMBE

Le matin du 8 mai 1954 Pointe à Pitre s’est réveillé pour lire un peu partout sur les murs de la ville mais surtout sur ceux de la Place de la Victoire, peinte en rouge cette inscription : DIÊM BIÊN PHÙ

J’étais élève au Lycée Carnot, ignorant du reste du monde, et je n’arrivais même pas à lire ces graffiti. Mis à part certains d’entre nous qui avaient un grand frère militant au Parti Communiste, mes camarades de classe étaient dans la même situation. C’est dire à quel point nous étions aliénés.

Depuis, bien sûr nous avons eu l’occasion de nous rattraper et de nous faire une idée assez précise du Colonialisme et de ses horreurs.

Cependant je viens de lire un livre qu’une amie m’a recommandé puis fait parvenir DIÊM BIÊN PHÙ de Marc Alexandre OHO BAMBE paru aux éditions Sabine Wespieser en mars 2018, qui est tout simplement bouleversant. MAOB, c’est le sigle de son nom, poète et slameur est né en 1976 à Douala, au Cameroun et n’arrive en France qu’à l’âge de 17 ans. Il a été bercé dès son plus jeune âge par la poésie d’Aimé Césaire et René Char. Je remercie l’amie qui m’a fait connaitre cet écrivain funambule qui fait de l’équilibre en jouant sur toutes les cordes sensibles de nos émotions. Je ne dirai rien de plus de ce livre car DIÊM BIÊN PHÙ n’est pas un livre dont on parle, c’est un livre qu’il faut lire et s’il ne change pas notre vie, il change notre regard, notre perception, notre vision du monde. Quant à moi je me suis laissé complètement embarqué par cet hymne  à l’Amour, à l’Amitié, à la Tendresse humaine, mais j’ai été également bouleversé par la quête de Maï Lan cet amour impossible, par ce retour d’un ancien soldat français sur le pont Paul Doumer ou Long Biên, à l’endroit même où il a été grièvement blessé, où Alessane Diop qui n’était pas encore son ami est venu le chercher sous le feu de la mitraille. Comment cet écrivain qui n’a pas vécu ces événements a-t-il pu écrire une pareille histoire ? Sans doute après qu’il ait, comme s’intitule son groupe de slameurs, après qu’il ait slamer sur La Lune. Nous devrions tous, un jour ou l’autre, l’imiter et sortir de notre quotidien pour aller voir les choses d’en haut.