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DES GÉNÉRAUX COLOMBIENS DIRECTEMENT RESPONSABLES DE LA MORT DE 152 MARTINIQUAIS !

Par Raphaël Confiant

{{Partie réelle}}

Le 16 août 2005, un avion-poubelle colombien de la West-Caribbean Airlines s’écrasait dans la jungle vénézuélienne avec 152 de nos compatriotes à son bord. Cette compagnie, aujourd’hui fermée, avait pour principaux actionnaires des officiers de l’armée colombienne, notamment trois généraux dont l’identité est parfaitement connue. Un reportage d’ENVOYE SPECIAL a montré, quelques semaines plus tard, qu’au mépris des règles les plus élémentaires de la sécurité aérienne, cette compagnie s’approvisionnait en pièces de rechange trafiquées ou vendues au marché noir, pièces qui ont pour effet de détériorer l’état de navigabilité des appareils qui les utilisent.

Si la West-Caribbean Airlines s’est intéressée à la Martinique et à la Guadeloupe, c’est bien évidemment à cause de l’euro, monnaie plus forte que le dollar, en circulation dans nos pays. En bref, des généraux colombiens s’en sont mis plein les poches en faisant leurs avions-poubelles profiter de l’aubaine, avions auxquelles ils imposaient des rotations absolument démentielles par rapport à l’âge des appareils. Dans la même journée, ces derniers pouvaient, en effet, rallier Panama deux fois à partir du Lamentin ou de Pointe-à-Pitre, décollant à des heures impossibles (4h du matin par exemple) afin d’éviter les contrôles de l’Aviation Civile française. Le McConnell Douglas MD-B2 en cause dans le crash qui a coûté la vie à nos compatriotes avait, par exemple, avait effectué 11 rotations en seulement 20h de vol. Proprement démentiel quand on sait que cet appareil avait près de 30 ans d’âge !

Ce sont ces mêmes généraux qui, grâce à un renseignement américain, ont repéré le téléphone satellitaire du n° 2 des Farc, Raul Reyes, et ont bombardé le camp dans lequel il se trouvait avec ses compagnons alors même que ledit camp se trouvait en territoire étranger, équatorien plus précisément. Evidemment, ni les Etats-Unis ni l’Europe n’ont condamné cette violation flagrante de la souveraineté nationale de l’Equateur, eux si prompts à dénoncer, dans le même cas, la Syrie, le Soudan ou l’Iran.

Je répète : des généraux, actionnaires de la West-Caribbean Airlines et donc responsables de la mort cruelle de 152 de nos compatriotes, ont ordonné la destruction du camp des FARC en Equateur, sans doute grâce à une trahison des services secrets européens qui négociaient depuis plusieurs semaines la libération d’Ingrid Betancourt avec Raul Reyes.

Là où il y a scandale, c’est que jamais la France, ni celle de Chirac ni celle de Sarkozy, n’a exigé qu’une enquête soit diligentée sur le crash du 16 août et que les propriétaires de la West-Caribbean Airlines soient interrogés et éventuellement mis en examen, ceci alors même que leurs noms sont connus. La France exerce des pouvoirs régaliens sur nos pays, mais feint d’oublier ses devoirs régaliens. Le devoir de la France était d’exiger du gouvernement d’Uribe une telle enquête et, en cas de refus, des sanctions auraient dû avoir été prises exactement comme elle a su le faire contre la Libye lors de l’attentat contre l’avion d’UTA dans le désert du Ténéré. Et qu’on ne vienne pas me dire que ce n’est pas la même chose ! Faire mettre une bombe dans un avion de ligne et faire voler un avion de ligne dont on sait pertinemment qu’il est un cercueil volant revient exactement au même. Je n’exagère pas : l’Aviation Civile Colombienne elle-même avait épinglé la West Caribbean Airways pour « 14 violations très sérieuses des normes de sécurité aérienne », lui infligeant même une amende, mais sans pour autant interdire ses avions de vol. N’est-ce pas, senor colonel Eduardo Montealegre, directeur de l’Aviation Civile Colombienne ?

Oui, cela revient exactement au même car à l’arrivée, ce sont des cadavres par centaines ! Dans les deux cas, il s’agit de terrorisme. Nos 152 compatriotes ont donc été victimes du terrorisme d’état pratiqué en Colombie, terrorisme qui s’exerce d’ailleurs à l’encontre du peuple colombien, et notamment des Noirs. Le fait que Martiniquais et Guadeloupéens soient majoritairement noirs ne compte pas pour rien dans le mépris de la West-Caribbean Airlines car jamais, je dis bien jamais !, elle n’aurait affecté un avion-poubelle sur la ligne Bogota-Miami ou Bogota-Boston. Ces nègres disposent d’euros, on va les leur piquer, mais on se contrefout de leur sécurité ! N’est-ce pas senor Juan Chacon, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique de Colombie ?

Dans ce vaste pays, il y a deux populations noires différentes et vivant très loin l’une de l’autre géographiquement : les Noirs de la côte caraïbe ou « costenos », presque tous métissés, disposant d’une culture « criolla » (créole) assez semblable à la nôtre, qui subissent une forme de paternalisme ; les Noirs de la province du Chaco, sur la côte pacifique du pays, qui ont gardé un mode de vie très africain et qui subissent un racisme violent de la part des « Blancs » qui règnent à Bogota. Ces généraux colombiens font donc partie de cette minuscule élite pseudo-blanche, qui se prétend descendante directe des Espagnols, et dont le mépris à l’endroit des « morenos », « negros », « pardos » et autres « zambos » est proprement hallucinante. C’est elle qui traite Hugo Chavez de « mono » (singe) parce qu’il est métis et Evo Morales de « sauvage » parce qu’il est amérindien. C’est aussi à cette élite, pire que son alter ego des Etats-Unis (qui, elle au moins, a mauvaise conscience), qu’appartient l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa lequel dans une chronique virulente publiée dans le quotidien espagnol « El Pais », suite à l’altercation entre le roi d’Espagne Juan Carlos et Hugo Chavez (altercation au cours de laquelle Sa Majesté a lancé publiquement au Singe « Ferme ta gueule ! »), s’est indigné que l’Amérique du Sud soit désormais dirigée par des « non-civilisés ».

L’Espagne civilisée ? Laissez-moi rire ! Ou plutôt relisons ces mots de Las Casas :

{« Lorsque les Espagnols entraient dans les villages indiens, ils immolaient à leur rage, les vieillards, les enfants et les femmes, n’épargnant même pas celles qui étaient enceintes ou qui venaient d’accoucher : ils leur ouvraient le ventre à coups de lances ou d’épées. Ils égorgeaient le peuple comme un troupeau de moutons dans un parc, et pariaient à qui couperait le mieux un homme en deux d’un coup de taille, ou à qui enlèverait le plus adroitement ses entrailles. Ils arrachaient les enfants du sein de leurs mères, et les prenant par une jambe, ils leurs écrasaient la tête sur une pierre ou les plongeaient dans le ruisseau le plus voisin pour les noyer, en leur disant : « C’est pour vous rafraîchir ! ».}

Pour en revenir au crash, avez-vous remarqué comment la Colombie du « chiot de l’Empire américain » qu’est Uribe, s’en est lavée les mains ? Avez-vous remarqué qu’alors même que l’avion, pourtant colombien, est tombé, certes en territoire vénézuélien, mais à quelques dizaines de kilomètres de la frontière colombienne, au lieu-dit La Cucharita très exactement, l’état colombien n’a dépêché sur place aucune équipe de secours ? Avez-vous remarqué que lors de la cérémonie de deuil de Dillon, Uribe n’avait dépêché aucun représentant et que deux jours après, une sous-ministre de la culture colombienne est venue déposer une gerbe au pied de la stèle, expliquant hypocritement qu’elle n’avait pas pu gagner la Martinique à temps ?

{{Partie fictionnelle}}

{
(Ce qui suit est de la pure fiction. Comme on sait, les écrivains ont le droit absolu à l’imagination. Le poète Paul Eluard n’écrivait-il pas que « la terre est bleue comme une orange » ? Et puis, les Martiniquais sont trop gentils garçons pour faire ce qui va être dit…)}

Puisque l’Etat français se moque de ses devoirs régaliens envers la Martinique et ne s’est jamais préoccupée de demander des comptes aux généraux actionnaires de la West-Caribbean Airlines, c’est donc à nous de le faire. Quand je dis « nous », je ne pense pas à nos familles endeuillées, écrasées par leur douleur et qui n’ont toujours pas obtenu réparation. Je ne pense même pas à nos hommes politiques empêtrés dans leurs compromis et compromissions avec l’Etat français.

Quand je dis « nous », je parle de n’importe quel Martiniquais.

Après l’attentat de Septembre Noir aux Jeux Olympiques de Munich, en 1972, les frères, parents, amis et alliés des victimes ont mis deux ans, trois ans, cinq ans, avant de retrouver les terroristes l’un après l’autre les pour leur régler leur compte et cela jusqu’au dernier puisque aucune instance internationale ne s’était préoccupée de le faire. Il y a 500.000 Martiniquais qui vivent en France. Beaucoup travaillent à ADP (Aéroport de Paris), à la douane, à la police, à la Poste, dans l’hôtellerie. Ils ont tout à fait les moyens de savoir qui voyage, qui arrive et qui repart. Nous mêmes qui vivons au pays, nous voyageons souvent à travers la Caraïbe et En Europe, et nous avons, nous aussi, les moyens de le savoir.

Ces généraux colombiens qui ont froidement assassiné 152 de nos frères viennent fréquemment faire leur shopping à Paris pour acheter des robes Christian Dior à leurs femmes et maîtresses. On sait quelles boutiques des Champs Elysées ils fréquentent. On sait dans quel hôtel 5 étoiles ils résident. On sait dans quels restaurants de luxe ils dînent et dans quels cabarets, ils se rincent l’œil.

En Colombie même, on sait que deux d’entre eux habitent le quartier huppé de Rosales-Nobral-Cabrera à Bogota, secteur où un appartement F4 coûte 1 million de dollars, et le troisième la ville de Medellin.

« Nous » le savons…

Et, mes chers amis, un petit coup de Las Casas avant de finir ?
Voici :
« Un chasseur espagnol en parcourant les bois vit que ses chiens avaient faim : il se saisit d’un petit Indien qui le suivait pour l’aider, lui coupa les bras et les donna à manger à ses dogues. »

{(Un ami anglophone (jamaïcain) à qui j’ai transmis ce texte et qui n’est pas très sûr de son français m’a demandé ce que j’entendais par « gentils garçons ». Je lui ai répondu : « Gentil garçon : personne à qui on crache à la gueule et qui dit merci »)}

{{Raphaël Confiant}}

Commentaires

fela | 24/03/2008 - 12:13 :
Way! Afarèl ou sé on déman (mé ou ni rézon aw!). Fòs.
roma | 19/04/2008 - 07:03 :
Monsieur Confiant, en tant que famille de victimes, je suis touchée de voir qu'il existe encore des Martiniquais qui s'interrogent sur les suites du crash du 16 août 205 car beaucoup se sont résignés et ont aujourd'hui tourné la page. En dépit de quelques inexactitudes, j'approuve vos propos quant au laxisme des autorités sur les mesures qui auraient permis la protection des citoyens et aussi sur les diligences relatives à l'enquête. Contrairement à vos allégations, cette enquête existe même si tout est fait pour accabler les pilotes. Contrairement à vos allégations, au départ, la west n'est pas venue chercher nos devises, c'est nous qui sommes allés la trouver par le biais de cette maudite agence qui a fait appel à un broker peu recommandable. Contrairement à vos allégations, l'avion n'avait pas 30 ans mais 19 ans. Un avion de 30 ans bien entretenu est mille fois plus sûr qu'un avion de 5 ans dont la maintenance n'est pas assurée. Mais vous avez raison de dire que cet avion n'irait ni à Miami ni à Los Angeles car l'Amérique ne rigole pas avec les contrôles. C'est tout un pays qu'elle bannit quand une de ses compagnies ne respecte pas les règles fixées par l'OACI.nLà nous aurions des leçons à apprendre. Vous avez raison de dire que ce crash est comparable à un attentat, je l'ai toujours pensé et ça a été une des raisons pour lesquelles j'ai milité pour que les droits de succession soient exonérés pour nous comme c'est le cas pour les victimes d'attentat mais les ministres ne le voient pas ainsi. Vous avez raison de dire que chaque martiniquais peut apporter sa pierre à la quête de la vérité mais les appeler à la violence me paraît inquiétant. Ce qu'il faut, c'est lever cette espèce d'omerta, cette conspiration du silence qui fait que ceux qui ont pris cet avion les jours d'avant ont peur de parler. Ceux qui ont eu contact avec la West se réfugient dans un mutisme qui en dit long. Quant à nos enquêteurs, ils ont peur d'aller à Medellin. Il faut que les gens disent ce qu'ils savent, cet avion était une poubelle, nous le savons, reste à le prouver alors, que les martiniquais qui peuvent aider en ce sens se mettent debout en pensant aux 152 car "la bête est encore féconde où est sortie la chose immonde", nous sommes sur une île, nous avons besoin de l'avion et rien, absolument rien n'a changé depuis le 16 août ce qui veut dire que nos compatriotes peuvent encore voyager sur de tels avions si nous continuons à accepter n'importe quoi du moment où on nous annonce des prix défiant toute concurrence. Prenez garde, il y a c'est un piège.
titiss | 21/05/2008 - 19:51 :
Le procès de la West Caribbean en Martinique L’erreur est une chose qui demeure, même quand elle est plurielle. Sur ce crash de la West Caribbean on n’a pas fini d’entendre. Pourtant, un tel événement devrait susciter un peu de recul ou d’effroi. On a entendu des prises de positions qui s’apparentaient beaucoup plus à des offres de services. Ainsi, certains avocats ont critiqué le choix des familles qui ont opté pour la voie américaine et ont tenté de les culpabiliser, d’autres ont mis en avant leur origine martiniquaise au lieu de parler de leur expérience et de leur compétence. L’égocentrisme et l’ethnocentrisme s’entremêlant en certitudes négatives. Une tranquille hypocrisie, colorée d’objectivité à façon ou de déontologie sur mesure. Certains compatriotes disent encore : « fini épi sa, yo péké ritounin ». Le fatalisme pour excuse. Aujourd’hui, la dernière manipulation consiste à scander que l’avion est le moyen de transport le plus sûr et à présenter les accidents aériens comme une donnée statistique : une banalisation des crashes à comptabiliser en « pertes et profits ». Nous qui avons perdu nos pères, nos mères, nos frères, sœurs, neveux, cousins etc.…, sommes-nous prêts à accepter cela comme un fait banal? L’avons-nous vécu comme un simple accident de la route ? L’audience qui débutera à Fort-de-France le 24 juin prochain n’a pas pour but de désigner les coupables mais d’indemniser les victimes. Les juridictions en Martinique sont-elles compétentes pour cela ? Telle est la question que des parents de victimes se sont posée. Points de repère. L’avion : americain. Mc Donnell Douglas MD-82 N° de série :49484 de la West Caribbean - Livré par Mc Donnell Douglas le 4 novembre 1986 à Continental Airlines - Immobilisé dans la « casse » pour avions dans le désert de Mojave pendant 4 ans depuis 2001 il a été revendu en janvier 2005 à une société domiciliée au Panama appartenant à un propriétaire résidant aux USA : MK Aviation SA. - MK Aviation loue immédiatement cet avion à la WEST Caribbean. - L’appareil avait eu les mois précédents le crash au moins trois problèmes : a) La perte d’éléments du fuselage b) Chute intempestive des masques à oxygène c) Eclatement de pneu à l’atterrissage ayant entraîné une sortie de piste. - Par ailleurs, on sait que c’était le seul avion en état de voler que possédait la compagnie. Il était donc surexploité et avait effectué 11 rotations ce jour-là. - En juillet 2005 une modification des fibres d’isolation du fuselage à la suite d’une recommandation du constructeur BOEING avait été demandée. Cet avion avait-il subi cette modification ? La Compagnie : West Caribbean. Siège situé à Medellin en Colombie Elle était déjà épinglée par les autorités Colombiennes. La direction de l’aviation Civile Colombienne (Aerocivil) l’avait dans son collimateur. La West a été signalée à 14 reprises pour mauvaise tenue et falsification des documents de bord. Par ailleurs, il lui était reproché l’absence de maintenance de ses appareils. Le chef de la maintenance M. Arenas a déclaré que la WEST ne pouvait entretenir sa flotte. La Télévision colombienne RCN a même diffusé un reportage dans lequel la West est accusée de s’approvisionner en pièces au marché noir (document diffusé en France par M6, TEVA et Planète). Pire, elle avait licencié une partie de son personnel et avait quatre mois de retard dans le paiement des salaires dixit M. Cardona un des représentants de la compagnie. Les employés restants étaient contraints à des heures supplémentaires. Le bruit courait qu’elle était au bord du dépôt de bilan. D’ailleurs, à l’aéroport de BOGOTA, la compagnie n’avait pas bonne réputation. Marie Elena, salariée d’une compagnie privée de surveillance disait ne pas comprendre que « des gens (martiniquais) prennent de tels risques en voyageant sur ces avions » . De surcroît, ils ne partaient jamais à l’heure. Le 5 janvier 2005, la West a écopé d’une amende de 89 000 dollars. Amende qu’elle n’a jamais entièrement payée. Le 28 mars 2005, un premier avion de la West Caribbean s’écrasait sur l’île de Providencia en Colombie, faisant huit victimes. Le 18 avril 2005, un document officiel signé du Directeur de l’Aviation civile Colombienne Fernando Saclamente Alzate, certifie que cet organisme n’a pas suffisamment de personnels qualifiés pour assurer les contrôles. Un mois plus tard, la France l’autorise à transporter des passagers Martiniquais et Guadeloupéens au Panama. Globe Trotter de Rivière-Salée et Newvac Corporation de Miami L’agence de Rivière-Salée pour organiser des excursions entre mai et août 2005 avait fait appel aux services de Newvac basée à Miami. Sa raison sociale GO-2vacations. - 15 mars 2005 Newvac conclut un contrat d’affrètement avec la West Caribbean. - 25 avril 2005 Newvac, dirigé par Jacques CIMETIER, conclut avec Globe trotter un contrat portant sur 24 vols aller-retour à 41.000 euros chacun. Ainsi, M. Cimetier fournit à Globe Trotter, l’avion, l’hôtel, le transport terrestre et les excursions au Panama. - 13 mai 2005, à la demande de la Direction de l’Aviation Civile française(DGAC), ce n’est pas la West mais Jacques CIMETIER qui réajuste la police d’assurance du MD-82 à hauteur 450.000.000 de dollars. En résumé donc : Les principaux protagonistes • Newvac Corporation, une société basée à Miami, en Floride • GO-2 Galaxy, une société de Floride dont le siège est à Miami. • West Caribbean Airways, une société colombienne • Aernautics of astronautics services, une société du Nevada ayant un établissement en Floride • MK Aviation SA, une société panaméenne • Colseguros, assureur de la compagnie West Caribbean.. Comme vous pouvez le constater aucun d’eux n’a son siège en France. Ni sur le territoire européen. De ce fait, selon le code de procédure civile français dans ses articles 42 et 46, mais aussi au regard de la Convention de Montréal, les Familles de victimes peuvent choisir la juridiction du lieu où demeure l’un des protagonistes, puisqu’il en existe plusieurs. Les articles 33 et 39 de la Convention de Montréal disent : « L’action peut- être portée au choix du demandeur…, soit devant le tribunal du lieu de destination (…) soit devant le tribunal du domicile du transporteur, du siège principal de son exploitation ou du lieu où il possède un établissement par le soin duquel le contrat a été conclu ». NEWVAC CORPORATION est le transporteur contractuel. Le juge Ungaro du tribunal de Miami a confirmé dans son ordonnance du 26 septembre 2007 que la société Newvac Corporation était le transporteur contractuel. C’est M. Cimetier, son dirigeant, qui a eu tous les contacts avec la DGAC française. Constats • Les défendeurs sont domiciliés hors de France et d’Europe. • L’accident ne s’est pas produit sur le sol français. • Les principaux défendeurs sont situés en Floride, NEWVAC. • La convention de Montréal permet de citer Newvac devant le tribunal fédéral de Floride • Les demandeurs ont renoncé au privilège de juridiction • Les défendeurs ont tout faits pour ne pas être jugés aux USA car ils savent que là, la sanction financière aurait été très lourde. On paie très cher quand on joue avec la vie des ressortissants américains. Ils préfèrent que le jugement se fasse en France car traditionnellement une victime française est indemnisée de façon médiocre. Le RESEAU NEWVAC En fait, cette catastrophe aérienne jusqu’au bout sera une affaire de business : Elle aura permis à un réseau de gagner de l’argent en minimisant (pour ne pas dire en ignorant) les règles de sécurité. Les différents partenaires du réseau Newvac gagnaient de l’argent en minimisant la sécurité des passagers et en se partageant les bénéfices de l’opération. C’était une grande famille où chacun mettait ses intérêts en commun sur le dos des victimes. Ce réseau était conscient du danger qu’il faisait courir à ses passagers. Peu scrupuleux, il engrangeait des dividendes importants sur les vols vers la Guadeloupe et la Martinique, et s’arrangeait pour effectuer le voyage de nuit afin de gagner sur les frais d’hôtels…etc.) . Comment combattre ces pratiques ? Qu’il est dommage que la DGAC française n’ait pas eu le reflexe d’interroger son homologue colombien qui aujourd’hui dit, « Personne ne nous a questionné sur cette compagnie, nous aurions dit ce que nous savions si la DGAC française nous en avait fait la demande » !!! Avec un simple télétex les autorités françaises auraient eu toutes les informations nécessaires sur cet avion. Pourquoi ne l’ont-ils pas envoyé ? Qu’il est dommage que la DGAC ait délivré une autorisation de vol de façon purement administrative sans se soucier ni de l’origine de la compagnie, ni de ses finances, ni de son passé proche!!! Qu’il est dommage que la DGAC n’ait mis en place un questionnaire spécifique pour les compagnies étrangères qu’en 2006-2007 (eh oui, après nos morts) Ce crash de la WEST CARIBBEAN nous rappelle étrangement celui de FLASH AIRLINES où la compagnie, étrangère elle aussi, ne respectait pas les règles de maintenance. Diable comment une compagnie épinglée à 14 reprises pour des infractions à la sécurité bénéficie-t-elle d’une autorisation de vol sur le sol Martiniquais !!! Voilà une compagnie qui traine derrière elle une bien mauvaise réputation et on nous dit : « les contrôles ne sont pas en cause » ! Quels contrôles ? Aucun contrôle n’a été effectué sur le tarmac au Lamentin. Deux contrôles ont été faits à Pointe à Pitre : contrôles visuels à la lampe torche. On pourrait s’interroger sur la qualité de ces contrôles, à quoi servent-ils. La réponse est venue le 16 août 2005. Devant tant de laxisme et d’insouciance des autorités françaises, le scepticisme prévaut maintenant sur le véritable désir de sanctionner ces vols charters, ces compagnies low cost opérant le plus souvent la nuit. Et c’est pour cela que les familles qui ont choisi la voie américaine comme celles qui ont choisi la voie française veulent aussi aujourd’hui dire qu’il faut que les choses changent sur le sol américain comme en Europe. Les pays du tiers-monde ne sont pas des poubelles et les habitants de ces pays ne sont pas des citoyens de seconde zone, des sous-hommes qui n’auraient droit qu’aux appareils que les autres mettent au rebut parce que trop vieux, parce qu’endommagés etc… Ces vieux avions coutent plus chers en entretien alors pourquoi les envoyer en Amérique latine ou en Afrique, justement là où on n’a pas les moyens d’assurer leur maintenance ? Savez-vous ce que deviennent les vieux 747 dont la France se sépare ? Savez-vous qui achète dans le désert de Mojave ? Seules les autorités américaines sont aptes à créer de nouvelles règles et lois pour « nettoyer » la zone de ses propres produits qu’elle ne veut pas pour ses concitoyens. Le fait est que ma Martinique est éminemment concernée par ce trafic car nous sommes condamnés à utiliser l’avion et de plus, nous sommes friands de voyages en Amérique latine. Là, nous avons jusqu’ici volé sur n’importe quel « coucou ». Hier, nous étions confiants, nous ne connaissions pas le danger mais, aujourd’hui, nous connaissons le risque, nous l’avons vécu dans notre chair et deux solutions s’offrent désormais à nous : -rester cloîtrés sur notre île -ou nous battre pour que les choses changent et pour que la sécurité ne soit plus remise en question Tant que des agences (qui ne font pas partie du SNAV) peuvent en toute impunité organiser des voyages au mépris de la sécurité des voyageurs, nous aurons d’autres 16 août 2005. Les agents de voyage doivent pouvoir répondre des compagnies aériennes et des tour-opérateurs avec lesquels ils collaborent. La Martinique en tant qu’île « captive » au transport aérien doit avoir les transporteurs les plus fiables. Même si CIMETIER et la West Caribbean ont consenti tous les deux à se présenter à la justice française et ont admis leur responsabilité dans l’accident, les familles de victimes doivent rester vigilantes. C’est à la source qu’il faut prendre des mesures. Et dans le cas présent, il a semblé aux familles martiniquaises que la sanction devait venir des USA. C’est un avion « américain » qui est en cause, car bien qu’il soit loué à une société colombienne, la société propriétaire a été indemnisée par une assurance de la perte de son aéronef. D’où l’intérêt des USA de réguler ce type de location et bien d’autres aspects encore. On peut se demander si la DGAC avait été au courant de tout ce qui concerne la west, peut-être n’y-aurait il pas eu d’autorisation et d’agrément de vols ? De ce fait il est impérieux de revenir au pays d’origine de l’avion pour statuer sur ce qui s’est véritablement passé afin de prendre des mesures. Un procès aux Etats-Unis met tous les protagonistes devant leurs responsabilités. André TISSERAND. Vice-président. AVCA. Association des Victimes de la Catastrophe Aérienne du 16 août 2005 au Venezuela.

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