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DES BOMBES AMÉRICAINES SUR LES POPULATIONS CIVILES DE GAZA

Le bilan des victimes ne cesse de s’alourdir d’heure en heure dans la bande de Gaza. Les derniers chiffres feraient état de 700 morts palestiniens depuis le début du conflit et de plus de 2 900 blessés, dont 50 % seraient des civils selon John Ging, responsable des opérations de l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens (UNRWA). Jusqu’à présent, Israël affirmait que seuls les activistes du Hamas étaient visés et que l’on aurait à déplorer qu’un très faible pourcentage de pertes au sein de la population civile. Ces « informations » étaient relayées par certains médias français, sans émettre le moindre doute quant à la véracité et à l’objectivité de ces affirmations. Des bombes sont lancées à plus de 10 000 mètres d’altitude, sur un bout de territoire de 350 km2 surpeuplé, une très forte densité démographique (plus de un million et demi d’habitants, ghettoïsés, encerclés par un mur de huit mètres de haut), et les médias de maintenir sans vergogne que les enfants, les femmes, les vieillards, sont épargnés par ces attaques. La désinformation, quand elle atteint un niveau aussi abject de mensonge et de manipulation, permet facilement de justifier aux yeux du monde entier, toutes sortes d’atrocités et de carnages. Hier, mardi 6 janvier 2009, on apprenait que Tsahal avait bombardé l’école des Nations Unis de Jabaliya, où des centaines de Gazaouis y avaient trouvé refuge après avoir quitté leur maison à cause des raids aériens israéliens. Ils pensaient y être en sécurité.

Au moins quarante morts… et des dizaines de blessés.

A cet instant, il devient très difficile de faire accepter à une opinion publique internationale profondément choquée par ce massacre, que l’objectif était uniquement une cible militaire. Pourtant, le commandant Avital Leibovitch, la porte-parole de l’armée israélienne, parle d’une riposte à un tir de mortier, et prétend que des munitions du Hamas étaient cachées dans l’école, ce qui expliquerait le nombre important de victimes. Rappelons que cette école qui abritait 350 familles, était sous le contrôle de l’ONU. John Ging conteste fermement la version officielle d’Israël de légitime défense.

Au moins quarante morts… et des dizaines de blessés.

Le chirurgien norvégien Mads Gilbert, a déclaré que {« les gens sont très gravement blessés. Les israéliens semblent utiliser un nouveau type d’arme : des DIME, des armes puissantes. Les victimes que nous recevons sont littéralement déchiquetées »}. Les DIME (Dense Inert Metal Explosive) sont des armes terrifiantes, hypersophistiquées, qui avaient déjà fait tristement parler d’elles en juin 2006 lors de l’opération Pluies d’été dans la bande de Gaza. L’armée israélienne va nier l’utilisation des DIME et ajoutera que {"pour des raisons évidentes, Tsahal n’entre pas dans les détails en ce qui concerne ses propres armements et l’utilisation qu’elle en fait".} Ces bombes DIME sont de fabrication américaine. {« Le DIME est formé d’une charge interne en alliage de tungstène (celui des ampoules électriques, pour avoir une idée de la conduction et de la réactivité). Elle libère dans l’air une poudre incandescente qui, en tombant sur son poids spécifique, attaque l’objectif sous un angle qui provoque d’innombrables coupures et blessures sans dépasser les 4 mètres de portée. A la charge inerte est associée une enveloppe externe en fibre de carbone, plus légère et plus économique que le métal, invisible aux rayons X. Une fois explosée, elle se pulvérise en micro particules au lieu des éclats.»} C’est Annalena Di Giovanni de la chaîne de télévision RAI 24 news qui révéla l’information sur ce type d’armes particulièrement efficaces et performantes.
Au moins quarante morts…et des dizaines de blessés.

Lorsque {{Mads Gilbert}} dit qu’il est contraint dans l’urgence de faire des amputations sans anesthésie, on se rend compte de l’horreur de la situation. La fiche technique de la bombe DIME explique la gravité des blessures sur les populations civiles : les membres sont sectionnés, le corps lacéré par de multiples coupures microscopiques et par une poudre incandescente qui va pénétrer sous la peau, provoquant de terribles brûlures jusqu’aux os, coagulant les vaisseaux sanguins, nécrosant les tissus. Les médecins ne peuvent absolument rien face à cette nécrose rapide et ne peuvent qu’amputer, sans trouver d’éclats qui expliquent les coupures et les brûlures. Sans extraction de métal. Ces descriptions de blessures sont des témoignages enregistrés par la journaliste italienne en 2006. Aujourd’hui, c’est le docteur Gilbert qui parle de ces bombes américaines sur Gaza, justifiées par Tsahal pour limiter les dommages collatéraux.

Au moins quarante morts…et des dizaines de blessés.

Ces blessés, ce sont des hommes qui allaient chercher dans la rue du pain pour nourrir leurs familles, des femmes qui ne pouvaient que hurler leur douleur et leur incompréhension devant tant de barbarie et surtout des enfants. Des gosses qui sont devenus en quelques instants des mutilés, des gueules cassées, des morceaux de chair humaine, des bouts de viande…et qui n’ont pas eu cette chance, ce bonheur inespéré de mourir déchiqueté, la tête arrachée, éventrés par des bombes plus conventionnelles. Mais ces bombes DIME Made in USA sont si efficaces et performantes…

Dans l’esprit d’Ernest Pépin (On dit que les poèmes ne servent à rien), je me souviens de Francis Jammes et de Georges Brassens :

_ {Par les quatre horizons qui crucifient le Monde}
_ {Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,}
_ {Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,}
_ {Par le malade que l’on opère et qui geint}
_ {Et par le juste mis au rang des assassins :}
_ Je vous salue, Marie.

{{Pierre-Joseph FERRALI}}

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