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DE LA « CHIENLIT » AU DÉNI DE DÉMOCRATIE !

par Louis Boutrin

Au pays des FANON, CÉSAIRE et GLISSANT, grands défenseurs des libertés fondamentales, le déni de démocratie s’installe insidieusement. Le débat politique, nécessaire à l’évolution des consciences (et … au développement d’une conscience collective martiniquaise !), est confisqué par un quarteron d’irréductibles qui n’ont pas retenu le message envoyé par les électeurs le 13 décembre 2015. 

Cette non-considération de l’opinion de la majorité des électeurs est relayée par certains médias et menace gravement la démocratie représentative. Rien n’a véritablement changé. Malgré leur défaite, les représentants du groupe EPMN sont omniprésents sur tous les médias et distillent contrevérités, peur et rancœur au détriment d’une approche plus rationnelle et responsable des problèmes sociétaux qui nous assaillent. De manière tout à fait subtile, s’installe dans le pays une démocratie d’opinion qui va à l’encontre des attentes légitimes de la population. Les exemples du Lycée Schoelcher et du TCSP illustrent bien cette exploitation éhontée d’une situation que les élus EPMN ont eux-mêmes contribué à créer.

Invité de l’émission « Dimanche-Politique » sur RCI, Daniel MARIE-SAINTE a eu la surprise de découvrir les interventions successives du Président de la CACEM et du maire de Fort-de-France alors que le Secrétaire général WW du PPM s’est exprimé seul, allègrement, la semaine précédente. Parallélisme des formes dites-vous ? Jamais, par le passé, l’opposition n’avait connu une telle opportunité ! Quant au projet d’ALBIOMA dit « Galion 2 », l’opinion est ballotée au gré des déclarations intempestives des uns et des autres, sans, pour autant, que les vrais questions soient abordées. Ni les prometteurs de cette installation classée pour la protection de l’environnement, ni ceux qui ont délivré l’autorisation administrative ne sont entendus. Le droit à l’information des populations, celles qui seront les futures victimes des pollutions atmosphériques, ne mérite-t-il pas d’être respecté ?

Force est de constater que, durant six années, de 2010 à 2015, les élus « Patriotes Martiniquais et Sympathisants » n’avaient eu droit à ce « régime de faveur ». C’était le règne de la pensée unique et l’opposition était inaudible sur les ondes. Ladite opposition avait du mal à se faire entendre y compris dans l’hémicycle régional. Invectives, insultes, micros coupés voire même avertissements aux élus, étaient distribués au bon vouloir et en fonction de l’humeur du Past Président of Martinique.

Aujourd’hui, changement de régime et volte-face médiatique. C’est l’opposition qui dicte les priorités du moment et les médias exhortent les élus majoritaires du GRAN SANBLÉ à commenter leurs interventions. Une manière de tronquer le débat démocratique qu’il convient de combattre courageusement notamment à travers l’émergence de nouvelles formes d’expression sur les réseaux sociaux. N’est-ce pas De Gaulle qui disait « La démocratie n’est pas la chienlit » ?

Au pays-Martinique, si nous n’y prenons garde, nous risquons de passer de la chienlit au déni de démocratie.

LB

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