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CYCLOTRON, GRAND PORT D'ECLATEMENT, LA SARA, L'UNIVERSITE DES ANTILLES etc. : LA MARTINIQUE EST SANS VOIX

Y a-t-il un pilote dans l'avion-Martinique ?

    On est obligé de se poser une telle question lorsqu'on constate le silence assourdissant du président de Région, Serge Letchimy, devant la quasi-totalité des grandes questions du moment. Mis à part quelques communiqués tantôt vagues tantôt alambiqués.

    Sur La SARA, la raffinerie, installée au quartier Californie, qui produit de l'essence pour les trois territoires français d'Amérique, il est complètement muet alors même que l'existence de cet outil précieux est remis en cause par des responsables politiques et syndicaux de la Guadeloupe et de la Guyane. Outil précieux parce qu'il nous donne une expertise dans un secteur industriel crucial et qu'il emploie près de 350 ingénieurs et techniciens qui ne sont pas tous, très loin de là, des Martiniquais. Les responsables guadeloupéens et guyanais évoqués plus haut souhaitent la transformer en simple dépôt de carburant lequel carburant serait importé de Trinidad ou du Venezuela. A les entendre, La SARA ferait des superprofits, ce qui expliquerait le coût trop élevé du litre d'essence dans nos pays. Sauf que la création de cette usine avait été décidée par le général De Gaulle, dans les années 60, afin de garantir la sécurité énergétique des DOM américains. Sauf que, plus tard, son existence s'est trouvée justifiée par les normes européennes en matière de carburant automobile, normes beaucoup plus strictes qu'en Amérique du Sud, et visant à diminuer la pollution atmosphérique. Minuscule raffinerie à l'échelle mondiale, La SARA n'a d'existence que par une volonté politique, celle de la France. Dès lors, on comprend mal comment des politiciens farouchement attachés à "la Mère-Patrie", plus assimilationnistes que jamais, peuvent demander sa disparition en tant que raffinerie. Sauf par chauvinisme ou esprit de clocher. Car il y a gros à parier que si cette raffinerie était installée sur leur territoire, sans doute seraient-ils moins empressés de vouloir l'étouffer. Que dit Serge Letchimy par rapport à ce problème ? Rien !

   Sur le Cyclotron, on a le même silence ou sinon le même discours vague. Cet appareil médical de très haut niveau doit servir à mieux soigner les malades de nos régions afin qu'en cas de maladies graves, ils ne soient pas obligés d'aller dans l'Hexagone. Ou plus exactement que lesdites maladies soient détectées à temps afin de pouvoir les soigner efficacement. La Guadeloupe s'est déjà bruyamment positionnée pour l'accueillir alors même que le CHU de Point-à-Pitre, jugé trop vétuste par les syndicats, doit être reconstruit, ce qui ne se fera pas, bien évidemment, en un claquement de doigt. En Martinique, c'est motus et bouche cousue. Ou alors un discours lénifiant et consensuel laissant entendre que la Commission compétente dans l'Hexagone saura faire le bon choix de son emplacement le moment venu parmi nos trois territoires. C'est du grand n'importe quoi !

   Sur le futur Grand Port d'Eclatement, nul besoin d'être agrégé de géographie pour se rendre compte que la baie de Fort-de-France est la plus indiquée pour le construire. Lors de la deuxième guerre mondiale, la France y avait mis à l'abri durant 5 ans la totalité de sa flotte de guerre (Le Jeanne d'Arc, L'Estérel, Le Barfleur, l'Emile Bertin etc...) ainsi que les 4.000 marins que comptait cette dernière. L'un de ses navires y avait d'ailleurs transporté la totalité des réserves d'or (350kgs) de la Banque de France qui furent stockés dans les souterrains du Fort-Desaix pendant toute la durée de la guerre. Certes, la construction de ce port pose des questions de protection de l’environnement auxquelles il convient de réfléchir sérieusement, mais tout de même ! Sinon que la Guadeloupe revendique ce Grand Port est tout à fait logique et normal. C'est dans l'ordre des choses puisque chacun défend son biscuit. Mais que du côté de la Martinique, avec pourtant autant d'atouts, on demeure bouche cousue, là réside le vrai scandale.

   L’Université des Antilles, quant à elle, n’intéresse guère notre président de Région sauf lorsqu’il s’agit de protéger le CEREGMIA, groupe de recherches en économie dirigé par Fred Célimène et Kinvi Logossah, contre lequel 4 rapports accablants ont été publiés (2 de la Cour des comptes, 1 du Sénat et 1 de l’IGAEER) pour malversations financières. 10 millions d’euros de fonds européens se sont, en effet, mystérieusement envolés et le CEREGMIA est incapable de fournir les factures qui y correspondent ! Ce qui a amené le Procureur de la République à Fort-de-France à ouvrir une enquête pour « détournement de fonds publics en bande organisée » et la Présidente de l’Université, sur recommandation de la Ministre de l’Enseignement Supérieur, à suspendre pour 1 an (avec salaire) F. Célimène et K. Logossah. Or, non content de clamer devant les médias son amitié avec le premier nommé, notre président de Région feint de croire et essaie de faire croire à l’opinion publique que l’entreprise de nettoyage des écuries d’Augias entreprise par la présidente de l’Université est une opération politique au profit du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais). A ce compte-là, la Cour des comptes, le Sénat, le Procureur de la République, le Conseil d’Etat et le Ministère de l’Enseignement Supérieur sont membres ou sympathisants du MIM !!! Quand on sait enfin que des pressions énormes sont exercées sur la justice pour étouffer le scandale du CEREMIA, pressions maçonniques, pressions politiques locales et au plus haut niveau de l’Etat français, on comprend mieux les démonstrations d’amitié de notre président de Région envers le CEREGMIA et Fred Célimène.

   En attendant, la Martinique est un navire sans capitaine…

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