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Cette fâcheuse tendance à oublier la "corruption passive"...

Cette fâcheuse tendance à oublier la "corruption passive"...

   Personne ne saurait sérieusement mettre en doute l'honnêteté de l'ancien président du Brésil, LULA du petit nom affectueux que lui ont donné les masses populaires qu'il a tenté de sortir de la misère avec notamment cette "bourse de la famille" qui a permis à des dizaines de milliers de ses compatriotes de faire trois repas par jour et d'envoyer enfin leur enfants à l'école.

   Mais LULA a été condamné il y a trois ans pour "corruption passive" et d'appel en appel, on en est arrivé aujourd'hui au tout dernier qui a été également rejeté et qui peut tout simplement le conduire en prison. Il est clair que le chef d'état d'un pays aussi peuplé et aussi vaste, aussi divers également, ne peut tout contrôler. De même, il est évident que dans tout parti politique, même progressiste, socialiste ou même révolutionnaire, il est très difficile d'éviter les dérives et de mettre hors d'état de nuire les "camarades" qui sont tentés par l'argent. Le régime de Hugo CHAVEZ n'a pas, lui non plus, été écarté par ce phénomène qui ne peut qu'affaiblir, voire même miner, un régime dont l'idéologie repose pourtant sur la défense des plus défavorisés.

   Nous avons tous tendance à oublier la notion de "corruption passive".

   Au nom de l'amitié, de l'appartenance à tel groupement, telle institution, tel parti politique, tel groupe religieux etc., nous avons tous la fâcheuse habitude de fermer les yeux. De se contenter de quelques remontrances peu appuyées le plus souvent et à se dire que "les camarades" reprendront le droit chemin. Ou alors il y a aussi l'autre habitude qui consiste à vouloir "laver le linge sale en famille", autrement dit à ne pas parler des "affaires" en dehors du groupement, de l'institution ou du parti pour ne pas, croyons-nous, les discréditer aux yeux du grand public.

   C'est cette dernière attitude qui a longtemps prévalu dans la tristement fameuse "affaire du CEREGMIA" qui a vu 14 millions d'euros de subventions européennes être mystérieusement siphonnés au sein de l'ex-Université des Antilles-Guyane. Car si ceux qui, il y a une douzaine d'années avaient été contraints, suite à un rapport accablant de la Cour des comptes, à traduire nos mafieux devant le Conseil de discipline s'étaient montrés plus fermes, s'ils avaient infligé aux coupables une sanction sérieuse et non la ridicule sanction symbolique qu'ils ont eux (ne pas changer d'échelon pendant...1 an !), on n'en serait pas arrivé là. S'ils ne s'étaient pas cachés la tête dans le sable comme des autruches au point que la majeure partie des personnels de l'Université n'était même pas au courant dudit rapport et de la traduction des délinquants en col blanc devant le conseil de discipline, et évidemment pas du tout la presse et le grand public, notre université n'aurait pas été victime de l'ouragan qui a failli l'emporter.

   Ne pas trancher dans le vif tout de suite, pratiquer l'omerta, sanctionner a minima etc. en cas de corruption est une véritable bombe à retardement car tôt ou tard, les corrompus recommenceront et c'est bien ce qui s'est produit. Pire : chercher aujourd'hui à réinstaller subrepticement ces derniers relèvent de la même attitude. Quand un membre est atteint par la gangrène, le chirurgien sait qu'il faut amputer le malade sinon au bout d'un certain temps, c'est tout le corps qui sera atteint.

   Nous ne pouvons donc qu'inviter certains à réfléchir à ce qui arrive aujourd'hui à LULA...

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