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"CAHIER D'UN RETOUR AU PAYS NATAL" D'AIME CESAIRE

Nady NELZY-ODRY
"CAHIER D'UN RETOUR AU PAYS NATAL" D'AIME CESAIRE

Cahier d’un retour au pays natal est un de ces livres  qui a changé ma vie.

 « Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences, car il n'est point vrai que l'œuvre de l'homme est finie que nous n'avons rien à faire au monde que nous parasitons le monde qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde mais l'œuvre de l'homme vient seulement de commencer et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu'à fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite. " 

Cahier d'un retour au pays natal fut une de mes plus belles découverte, qui à la première  et même la lecture, me laissa perplexe. si bien que je mis l’ouvrage de côté, je ne comprenais pas tout ce qui était écrit ! Avec du recul, je peux dire que, je connaissais mal ma langue, le Créole.

Dix ans plus tard  à l’université des Antilles et de la Guyane, à l’occasion d’une étude du Théâtre Créole, l’œuvre de Césaire s’est imposée. Chaque mot du Cahier d’un retour, prit alors sa signification. C’est un livre que je lis souvent.  Aujourd’hui encore, l'atmosphère qui se dégage de certains textes, m’angoisse un peu, car je sais que tout ce qui est dit, est vérité. Une vérité que la poésie ne parvient même pas à adoucir .

« Mais qui tourne ma voix ? Qui écorche ma voix ? Me fourrant dans la gorge mille crocs de bambou, mille pieux d’oursin. C’est toi sale bout du monde. C’est toi poids de l’insulte et cent ans de coup de fouet . C’est toi cent ans de ma patience , cent ans de mes soins juste à ne pas mourir »