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Apparemment, tous les voleurs en Martinique seraient des créolophones !

Apparemment, tous les voleurs en Martinique seraient des créolophones !

  Dans ce pays où la langue créole reste en permanence sur le banc de touche en dépit des efforts admirables de personnes comme feu Jean BERNABE...

 Lui et tant d'autres depuis bientôt un demi-siècle ! Ce pays où cet idiome de vié Neg n'existe pas dans les médias écrits ni audiovisuels, sauf à la portion congrue. Sauf, de temps à autre, pour faire bien. Pour se donner bonne conscience. Ou pour faire de l'humour à deux balles dans des articles rédigés dans la langue de Molière. Dans ce pays donc, subitement, lorsqu'on veut pointer du doigt une dérive ou dénoncer une situation, hop ! voici que le créole réapparait. Les donneurs de leçons le sortent de leur chapeau à la manière de prestidigitateurs.
 Chacun se souvient du slogan "Mété kas-la an tet-ou !" d'il y a quelques années afin d'inciter les jeunes motards à porter le casque. Les brillants esprits qui l'avaient concocté ne savaient pas ou feignaient de ne pas savoir qu'à cause du rouleau compresseur de la francisation, un nombre croissant de jeunes, y compris dans les classes dites populaires, s'expriment désormais en français. On ne compte d'ailleurs plus les chansons de ragga dans cette langue, chose qui fait passer Kassav et son entêtement à ne se servir que du créole comme une bande de ringards.
  Cela a un nom : la décréolisation. 
 On pourrait l'appeler "démartinicanisation","désantillanisation" ou tout ce que l'on veut puisque que le terme "créole" semble empêcher certains (es) de dormir. Toujours est-il qu'au niveau des nouvelles générations martiniquaises, le français est en train de damer le pion, irréversiblement, au vieil idiome du temps-longtemps. On peut donc se demander pourquoi certains brillants esprits croient intelligent de l'utiliser dès qu'ils lancent une campagne quelconque. Créolophone serait-il ainsi synonyme de...voleur ? Puisque c'est en créole que dans une commune du sud de la Martinique, des personnes ont cru malin, efficace, opportun, on ne sait, d'écrire un slogan sur des tee-shirts, slogan qui s'énonce ainsi (nous traduisons) : "Allez à la mer, ne volez pas les affaires d'autrui !".  
  Il est plus que douteux que le créole soit la langue qu'utilisent principalement les concepteurs dudit slogan. Cela signifie donc qu'ils s'adressent à des gens qui ne sont pas comme eux. Première conclusion : les voleurs seraient uniquement des Ti Neg à mobylette. Car évidemment ces donneurs de leçons ne fabriqueraient jamais de tee-shirts pour dénoncer les voleurs en col blanc qui sont pourtant légion en Martinique et cela depuis fort longtemps : CREDIT MARTINIQUAIS, CEREGMIA, ODYSSI, SODEM etc...pour ne citer que les plus connus. Or, quand le petit voleur à mobylette (créolophone) braque une supérette__chose évidemment condamnable__ et s'empare d'une caisse contenant plus souvent que rarement 50 ou 100 euros, le grand voleur (francophone) en BMW ou en 4/4, lui, il pique des millions d'euros.
  Et puis, une deuxième conclusion vient aussi à l'esprit : les voleurs en Martiniquais seraient exclusivement des créolophones.  
  Il est vrai que la justice-sous-les-cocotiers ne punit que les petits voleurs...