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Antilles-Guyane : les criminels et délinquants "en bande organisée" ont du souci à se faire

Antilles-Guyane : les criminels et délinquants "en bande organisée" ont du souci à se faire

   Le grand public des Départements français d'Amérique, comme disent pompeusement certains de nos élus (es), connaît peu, voire ne connaît pas du tout le JIRS. Ce sigle ou acronyme quelque peu mystérieux signifie "Juridiction Interrégionale Spécialisée" et a son siège en Martinique.

 (Avez-vous remarqué, cher lecteur, que lorsqu'un organisme ou une institution antillo-guyanaise quelconque dépend de l'Etat français, il n'y a jamais de conflit interne alors que quand ce sont des indigènes qui les gèrent, chacun veut toujours tirer la couverture à soi et la structure finit par éclater en deux ou trois petits morceaux (Académie Antilles-Guyane, Rectorat Antilles-Guyane, Université des Antilles-Guyane et peut-être bientôt, malheureusement, Université des Antilles ?) 

   Bref, lors de la rentrée solennelle du Tribunal de grande instance de Fort-de-France l'autre jour, de très bonnes nouvelles sont tombées pour les citoyens honnêtes et de très mauvaises pour les citoyens malhonnêtes : la justice a été renforcée par quatre créations de postes. On savait que cette dernière criait famine depuis des années et d'ailleurs, en dépit de ces nominations bien venues, trois postes vacants sont encore à pourvoir. Mais on nous assure que d'ici septembre, cette question sera réglée. Le JIRS pourra donc fonctionner à plein régime, du moins on l'espère, lui qui est en charge des dossiers criminels "en bande organisée".

   On espère aussi qu'il prêtera une égale attention aux bandes organisées locales, aux bandes antillo-guyanaises donc, et qu'il ne réservera pas l'essentiel de ses activités aux bandes étrangères ou internationales. Lors de cette rentrée solennelle, le procureur a fait été d'une grosse activité du JIRS en 2017 puisque 24 affaires ont été jugées en 2017 contre seulement 6 en 2016. Bravo ! Magnifique ! Sauf que presque toutes concernent des trafics de stupéfiants internationaux, en clair la cocaïne provenant d'Amérique du sud et se dirigeant vers la France et l'Europe. Or, si "l'herbe", le cannabis ou "ganja" est fortement consommé chez nous, la cocaïne l'est assez peu et donc cette (nécessaire) traque des bandes organisées internationales protège au premier chef...l'Hexagone.

   Serait-ce trop demander à la justice de s'intéresser tout autant aux délinquants en bande organisée bien de chez nous, "natif-natal", comme par exemple et pour ne prendre que celui-là, la bande organisée d'ALI BABALIMENE et les 43 voleurs qui ont piqué 14 millions d'euros dans les caisses de notre université ? Les trois départements français d'Amérique, sont en effet, concernés par cette affligeante affaire, même si les chefs se trouvent en Martinique. Serait-ce trop demander qu'enfin, ils répondent de leurs actes à la barre du tribunal ?...

Commentaires

Cyril Charpentier | 25/01/2018 - 23:22 :
"Avez-vous remarqué, cher lecteur, que lorsqu'un organisme ou une institution antillo-guyanaise quelconque dépend de l'Etat français, il n'y a jamais de conflit interne alors que quand ce sont des indigènes qui les gèrent, chacun veut toujours tirer la couverture à soi ". Bien vu.