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80% (79,31) DE « NON » A L’ARTICLE 74 ? PAS DU TOUT ! 90% !...

Maintenant que la fièvre électorale est retombée après les consultations référendaires des 10 et 24 janvier dernier, il convient d’analyser à froid les résultats. Et surtout éviter de se payer de mots ! Exemple : dire et répéter mécaniquement qu’il y a eu 80% de votes « NON » à la première consultation référendaire est une grave erreur d’analyse. Pourquoi ? Parce qu’il ne faut absolument pas confondre :

. consultation électorale

. consultation référendaire

Dans une consultation électorale, on vote pour élire quelqu’un et il y a (presque) toujours plusieurs candidats en lice. L’abstention, dans ce type de consultation, est ininterprétable car celui qui ne s’est pas déplacé pour mettre un bulletin dans l’urne peut l’avoir fait pour trente-six raisons parmi lesquelles :

. aucun des candidats en lice ne le satisfait

. il estime que son candidat a peu de chances d’être élu

. il veut marquer ponctuellement sa défiance envers son candidat favori

. il se fout de la politique etc…etc…

A l’inverse, dans une consultation référendaire où l’électeur n’a à élire personne et où il doit simplement répondre « OUI » ou « NON » à une question, l’abstention est parfaitement interprétable. Dans ce cas de figure, les abstentionnistes sont des partisans objectifs du « NON » et rien d’autre. Car le « OUI » vise toujours soit à conforter une politique en cours soit à permettre une avancée politique quelconque. Donc celui qui refuse de lever son gros cul de son fauteuil et sacrifier une heure de son dimanche pour aller voter, eh bien celui-là vote « NON » en réalité.

Quand en 1969, le général De Gaulle a organisé son fameux référendum, il demandait aux Français s’ils approuvaient sa politique ou non. Ceux qui n’ont pas répondu, c’est-à-dire ceux qui se sont abstenus de voter, ont en fait voté « NON », car s’ils voulaient que le libérateur de la France reste aux commandes, ils ne seraient pas restés assis chez eux.

De même, lors de la consultation référendaire du 10 janvier dernier en Martinique, les abstentionnistes doivent être comptés au nombre des partisans du « NON ». Car si ces gens voulaient le changement minimal que proposait l’article 74, ils ne seraient pas non plus restés chez eux !

Dès lors, il faut arrêter de dire qu’il y a eu 80% de « NON » le 10 janvier. Il faut regarder la réalité en face : il y a eu 90% de « NON ». Il n’y a pas eu 130.000 « NON » contre 30.000 « OUI », mais bien 270.000 « NON » ! Refuser d’admettre cela s’est se cacher la tête dans le sable. C’est refuser de regarder la triste réalité en face. Et cette réalité est la suivante :

« {{Ceux qui sont favorables à une Martinique martiniquaise sont archi-minoritaires en Martinique}} ».

Point à la ligne.

{Pour mémoire

Inscrits : 296.802

Votants : 164.198 (54,61%)

Oui : 32.964 (20,69%)

Non : 126.298 (79,31%)}

Commentaires

ibilavache | 28/01/2010 - 07:47 :
« Ceux qui sont favorables à une Martinique martiniquaise sont archi-minoritaires en Martinique ». ben oui... (mais peut-etre pas sur ce site.) En fait je suis vraiment surpris par la reaction de certains face a cette realité: A trop frequenter un petit milieu intellectuel et artistique qui fonctionne en circuit fermé en s'imaginant (au fond c'est sa vocation) etre en communion quasi-mystique avec le negre ou le creole fondamental, cela donne des personnes qui tombent sur les fesses quand la realité vient leur faire une petite piqure de rappel. la faute a qui ? dire que c'est le peuple qui est stupide de nature et ne comprend rien est facile. mais au fond a qui la faute ? Etre continuellement tiré vers le passé est ce bien une solution d avenir ? car un signe ne trompe pas : l'incapacité d'un "noyau dur" a produire des oeuvres intellectuel ou artistique qui parle du {present} (et je parle meme pas d'avenir...) qui ne soit pas une reinvention d'un passé mystifié ou d'un present qui parle des restes d'un passé revolu. il y a d'autres signes qui ne trompent pas: l'incapacité du "noyau dur" a se {depolitiser}, car ils ne sont plus l'expression d'une pensée libre mais seulement l'expression d'une vision politique (comme les intellectuel et artistes en france il n'y a pas si longtemps). bref l'incapacité de ce noyau dur a considerer que le monde a changer... en effet a force de fonctionner sur un mode "1960 au plus tard" on en oublit le present et surtout l'avenir... A considerer les gens comme des esclaves ou des soumis, c'est toujours voir les choses en mode "1960 au plus tard"... et vouloirs faire comprendre aux gens qu'ils sont des esclaves ou des soumis de la france ou des blancs est ridicule car dans le monde actuel ces gens la voient bien que tout le monde la "bien profond" blancs ou pas blancs... et comme reponse a ces inquietudes: une pensée maxiste-decolonisiatrice d'un autre age. comme si nous faire bouffer des racines ou etre responsable dans le choix de celuis qui va nous la mettre "bien profond" allait nous liberer de quoi que se soit. les gens ont choisis de {se la prendre} avec du beurre dans le cul (passport europeen, smic, 40%, rmi, allocs etc.) que de {se la prendre} a sec comme dans d'autres pays. bien a vous. ( pardon de faire des faute de {francais}...)
ibilavache | 28/01/2010 - 20:24 :
Ps: hé chabin ne le prend pas personellement, car je ne parlais pas de toi.

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