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1 mort par mois en voiture sur les routes de la Martinique

1 mort par mois en voiture sur les routes de la Martinique

   Si à la date d'aujourd'hui, en cette presque mi-juillet 2017 donc, le bilan des accidents concernant les cyclistes, motocyclistes et autres motards est tout simplement catastrophique, celui des automobilistes ou des passagers d'automobiles n'est guère plus reluisant si l'on tient compte du fait qu'on est davantage protégé (habitacle, airbags etc.) dans une voiture que sur un deux-roues : 1 mort par mois en voiture depuis janvier.

   1 mort, mais on oublie généralement les blessés graves dont beaucoup finissent handicapés à vie.

   Si l'on compte les blessés, le bilan s'aggrave et là, on passe à 2 ou 3 personnes par mois qui certes, ont eu la vie sauve, mais quelle vie ? Etre cloué à 25 ou 40 ans et cela pour le restant de ses jours dans un fauteuil roulant ou devenir carrément tétraplégique n'est pas drôle du tout. Il suffit de se rendre à l'hôpital du Carbet pour s'en rendre compte.

   A côté de ça, si le sujet n'était pas tragique, il y aurait de quoi s'esclaffer quand on voit les pouvoirs publics, la gendarmerie et certains politiques s'émouvoir de l'inefficacité de leurs efforts en matière de sécurité routière. Ils ont beau aligner des kilomètres de permis saisis ou supprimés, des tonnes de contraventions distribuées et parfois des condamnations de chauffards par la justice, rien n'y fait. Zéro amélioration ! Pourtant, le réseau routier s'est, lui, bel et bien amélioré, les voitures sont plus fiables (freinage etc.) de nos jours et des radars ont été placés un peu partout aux endroits stratégiques.

   Quel est donc le problème ?

   D'abord, on constate que tout comme pour les gens à deux-roues, ce sont des jeunes ou relativement jeunes qui paient un lourd tribut à ce qu'il faut bien appeler, quand les années s'accumulent, une hécatombe. Ce sont des personnes en pleine force de l'âge qui sont retirées du circuit de la vie quotidienne et du monde du travail soit par décès soit à cause d'un handicap. Cela au moment même où la démographie martiniquaise est en chute libre et où les statistiques prévoient une baisse du nombre d'habitants aux alentours de...40.000 personnes dans les deux décennies à venir. Au moment aussi où l'émigration a repris de plus belle et où nos jeunes n'hésitent plus à s'expatrier par milliers sans guère d'espoir de retour un jour, hormis pour les vacances. Tout cela mis bout à bout dessine un avenir bien sombre pour l'île aux fleurs.

   En réalité, le mode de conduite des Martiniquais, sur deux-roues ou en voiture, révèle un problème plus grave que la simple (et certes nécessaire) répression ne pourra résoudre. Pourquoi l'automobiliste moyen roule-t-il si vite quand il doit faire seulement 10, 20 ou 30 misérables petits kilomètres ? Les étrangers qui viennent chez nous sont effarés quand ils voient pareil comportement. Le Martiniquais est pressé d'aller où comme ça sur sa tête d'épingle de 80kms sur 30 ? Au cimetière ? A l'hôpital ? Ou alors quel mal plus profond, et donc inconscient, ledit comportement cache-t-il ?

   Wonz ! Wonz !...comme disent les joueurs de "sèbi"...

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